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Afrique : 4 caractéristiques d’une application éducative pertinente

Crédit: business.lesechos.fr

Alors que l’Afrique s’engage de plus en plus dans l’intégration des TIC dans son système éducatif qui devient ainsi le prochain eldorado des Start Up tant au niveau mondial qu’Africain, il me parait important de donner quatre caractéristiques des applications éducatives pertinentes en Afrique.

Pour ce faire, je vais m’appuyer sur les résultats de la thèse de Doctorat de Björn Sjödénun, étudiant suédois qui a démontré que 90 % des applications en ligne identifiées comme éducatives sont en fait simplement des exercices et des évaluations. Par ces travaux, ce chercheur met en évidence les trois caractéristiques essentielles des logiciels qui sont susceptibles d’en faire des logiciels éducatifs pertinents.

Selon lui, un logiciel éducatif doit permettre :

1. une rétroaction ;

2. un apprentissage déterminé ;

3. et la réalisation de tâches complexe avec une interface simple.

De façon plus explicite, une application éducative pertinente devrait permettre de commenter les réponses des apprenants, les guider et proposer, le cas échéant, des alternatives pour les amener à l’apprentissage visé. Ensuite, elle devrait amener un plus par rapport à un support ou à un enseignement existant. Enfin, elle doit être pertinente sur le plan pédagogique en demeurant très simple sur le plan technique.

A ces trois caractéristiques identifiées par les travaux de Björn Sjödénun et tenant compte du contexte africain, j’ajoute une quatrième : un logiciel éducatif pertinent en Afrique devrait être accessible en ligne mais surtout hors ligne. Si nous ne voulons pas que l’intégration des TIC dans l’éducation en Afrique soit la source d’une vraie exclusion, il faut tenir compte de la fracture numérique entre les pays et même entre les villes d’un même pays.

En effet, même si le taux de pénétration d’Internet au niveau mondial a considérablement évolué depuis 2000 passant de 6 % à 43 % en 2015, il n’est encore que de 27 % en Afrique selon les dernières données de Internet World Stats. Toujours selon ces mêmes données, seulement 9,6 % de la population africaine utilise internet. Mais ce taux cache des réalités diverses lorsqu’on prend individuellement les pays : par exemple il est de 63 % au Kenya et seulement de 2 % au Niger. Et même dans le même pays, ce taux de connexion n’est pas le même entre les grandes métropoles et les petites villes et même des villages.

La firme Google tenant sûrement compte de cette réalité a déjà montré la voie à travers ses deux applications phares : Google Traduction et Google Map. En effet, les dernières versions de ces deux applications sont accessibles aussi bien en ligne que hors ligne. Le chemin est tracé, aux Start Up de s’y engouffrer car le marché de l’éducation en Afrique prometteur mais surtout convoité.