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Antoine TAKO: propositions pour l'informatisation des Universités publiques ivoiriennes

(*)Au plan stratégique, le Gouvernement de Côte d’Ivoire a décliné son plan d’e-éducation avec pour objectif d’interconnecter tout le système éducatif et d’introduire les TICs dans la formation, la recherche et toute autre activité liées à l’éducation. Son but ultime étant de réduire la fracture numérique en la Côte d’Ivoire.

En conséquence, il appartient aux différents ordres d’enseignement de décliner leurs plans stratégiques respectifs, en adéquation avec la vision du Gouvernement.

En plus, il apparait crucial d’accélérer le déploiement de la Fibre optique (FO) dans les grandes agglomérations au plan national et qui sera propriété de l’Etat pour faciliter son fonctionnement (Finances, Armée, Intérieur, Education, Agriculture). La connexion disponible pourra être louée aux privés (Banques/Assurances, etc.). Pour cela, profiter des travaux de génie civil (qui coûtent très chers)  pour mettre en place les canalisations pouvant accueillir la fibre optique.

Au niveau de l’enseignement Supérieur, l’université de Cocody était le seul établissement d’enseignement supérieur à avoir effectué un audit de son système d’information (2005). Cet audit a permis de faire un état des lieux et de décider de se doter d’un plan stratégique de développement informatique. L’élaboration de ce plan, appelé schéma directeur informatique (SDI), a été piloté par la société nationale de développement informatique (SNDI), alors chargée des questions d’informatisation pour l’Etat de Côte d’Ivoire et validée par la communauté universitaire en décembre 2007. Et son implémentation a commencé dès cette période et a bénéficié de financements de la République de Corée et de l’Etat ivoirien.

La mise en œuvre du SDI devait permettre :

– à l’administration de disposer de données fiables nécessaires au pilotage ;

– aux enseignants et étudiants d’accéder à l’Internet pour les activités pédagogiques et de recherche ;

– de rendre l’offre de formation compétitive au niveau national et international ;

– d’offrir une formation de qualité aux étudiants.

Chaque université, école et centre de recherche devra aussi se doter d’un plan stratégique de développement informatique. L’université de Cocody ayant déjà le sien, il suffit juste de le mettre à jour.

En l’état actuel, seul le Data center fournit tous les services directement aux universités. Ce choix va se retrouver vite confronté à des limites prévisibles. Une panne du Data center signifiera panne de tout le système (Panne des serveurs, panne de la connexion centralisée, etc..).

Chaque université doit donc se doter de son propre réseau selon les standards internationaux et interconnecter les différents bâtiments (techniques, administratifs, salles d’enseignement et locaux de recherches) avec des nœuds liés aux grands groupes thématiques :

–          les UFR des lettres et Sciences Humaines (EX FLASH) ;

–          les UFR de Droit, Sciences Economiques et de Gestion ;

–          les UFR des Sciences et Techniques (Ex FAST) ;

–          les UFR des Sciences de la Santé ;

–          et les centres et facultés distantes.

Evidemment opter pour la fibre optique[1] partout (entre les bâtiments et entre les sites[2]). On aboutirait avec cette méthode à la mise en place d’un réseau spécifique à l’enseignement supérieur et à la recherche[3].

Ce réseau de l’enseignement supérieur sera connecté aux réseaux des autres ordres d’enseignement (Primaire et secondaire général et technique). Le data center deviendrait alors le réseau des réseaux du système éducatif permettant de mutualiser leurs données pour en faciliter les études et les échanges d’informations.

Pour administrer et faire fonctionner efficacement et au meilleur coût possible, le système éducatif devra éviter de choisir les systèmes propriétaires et opter de travailler avec les logiciels open-sources, bien plus répandus dans le monde éducatif (facilité d’échanges d’expériences, de formation des personnels et faciles à faire évoluer).

Les universités disposent déjà d’un noyau de personnels qualifié qui pourra former les autres et travailler à la dissémination des connaissances informatiques de pointe (messagerie unifiée, web, virtualisation des outils et des espaces de stockage, politique de redondance, cloud, politique de sécurité, centres de ressources, High performance computing, etc.).

En outre, le dynamisme actuel des acteurs indépendants des TICs en Côte d’ivoire devra être pris en compte pour une franche collaboration en vue de favoriser une masse critique de ressources humaines et de contenus propres à notre pays et à notre continent. On pourrait ainsi favoriser le développement d’une économie numérique.

Il ne faut pas négliger la question de la bande passante qui sera, si rien n’est fait, un facteur limitant. C’est à ce niveau que la politique d’augmentation de la bande passante dans les pays de l’UEMOA devra être accélérée puisque les financements existent.


[1] Pourquoi, puisqu’on est en retard, ne pas opter pour une technologie de fibre optique plus avancée (Fibre noire par exemple, en prévision des capacités de calcul dont les chercheurs pourraient avoir besoin ?

[2] Sites s’entend les universités entre elles, les centres de recherches nationaux et les centres distants liés aux universités.

[3] Une initiative de mise en œuvre d’un réseau de l’enseignement supérieur et de la recherche est en cours. C’est le Réseau Ivoirien de Télécommunications pour l’Enseignement et la Recherche RITER (http://www.riter.ci/, http://www.wacren.net/fr/contenu/naissance-du-riter) mais qui, sauf erreur de ma part, n’a pas été pris en compte dans le projet e-éducation.

(*) suite de la contribution de Prof Antoine TAKO