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Au Cameroun, on a les « maîtres des parents », les « maîtres communaux » et les « maîtres vacataires »

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Face à l’incapacité des pays africains de résorber la pénurie des enseignants, les communautés trouvent des moyens palliatifs. C’est le cas du Cameroun avec les « maîtres des parents », les « maîtres communaux » et les « maîtres vacataires ».

 

Plus connus en zone rurale qu’urbaine, les « maîtres des parents » sont des enseignants recrutés et pris directement en charge par les Association des Parents d’Élèves (APE) des écoles. Ils perçoivent leur rémunération non de l’État mais des APE ou des élites locaux. Généralement recrutés parmi les instituteurs formés et non formés, on les retrouve en fonction dans les écoles publiques des zones rurales avec un salaire de misère très sporadique et dans une précarité évidente.

 

Les contraintes macroéconomiques du Cameroun au début des années 90 ont entre autres rendu défaillante la fourniture des services éducatifs par l’État. Ainsi, pour pallier le manque d’écoles, les parents ont eux-mêmes construit deux bâtiments en paille. La désertion des écoles du milieu rural par les enseignants au profil des écoles du milieu urbain a provoqué l’envol du phénomène de «maîtres des parents». En 2008, les « maîtres des parents » représentaient environ 26,7% des enseignants des écoles primaires publiques. En 2014, le phénomène est loin de disparaître. En effet, les derniers chiffres dévoilés par le Ministre de l’Éducation attestent du besoin urgent d’enseignants en zone rurale avec un ratio maître/élève qui avoisine 1/70.

 

A côté des « maîtres des parents », il y a des « maîtres communaux » qui sont à la charge des communes et dont le traitement n’est pas différent de celui des maîtres des parents. En plus de ces deux premières catégories, il y a les « maîtres vacataires », des instituteurs formés et recrutés au niveau des délégations départementales et perçoivent leur rémunération de l’État. Enfin, il y a les maîtres fonctionnaires, qui sont recrutés par l’État…