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Avec Facebook, des jeunes sont en train de redéfinir le e-commerce en Côte d’Ivoire

FaceGabon

Ils sont jeunes, la trentaine à peine et vivant en Côte d’Ivoire. Ils ont investi Facebook, pas pour brouter mais pour y ouvrir des commerces. Ces jeunes sont en train de redéfinir un modèle du e-commerce propre à la Côte d’Ivoire et peut être à l’Afrique.

En occident, lorsqu’on parle de e-commerce, on pense tout de suite à un site marchand. Le paiement des commandes passées sur le site marchand se fait à l’aide des moyens électroniques de paiement en ligne : cartes bancaires, PayPal et autres. Tenant compte des réalités sociales et économiques de l’Afrique, ce modèle occidental à été revu et revisité par Jumia.  En effet conscient du faible taux de bancarisation et du fait que, par peur du broutage, les moyens électroniques de paiement en ligne sont peu utilisés par la population,  Jumia a proposé son modèle de e-commerce. Celui-ci donne la possibilité aux clients de passer sa commande sur le site marchand et de la payer soit directement en ligne par les moyens électroniques de paiement en ligne, soit à la livraison. Ainsi, en plus des moyens électroniques classiques de paiement comme dans le modèle occidental du e-commerce, le paiement avec Jumia se fait aussi en cash ou par Mobile Money, cette fois à la livraison de la commande.

A ces deux modèles, les jeunes ivoiriens sont entrain d’ajouter un troisième. Leurs recettes sont toutes simples. Ils se sont appropriés le modèle proposé par Jumia et ont mis à profil les possibilités et potentialités de Facebook. Ces jeunes ont ainsi détourné Facebook pour en faire leurs boutiques en ligne et cela semble bien réussir. Ainsi, en lieu et place de sites marchands ce sont plutôt des pages Facebook sur lesquelles ils proposent leurs articles. A partir de ces Pages Facebook Marchandes, le client peut passer ses commandes par appels téléphoniques, messages sur Facebook, e-mail, etc., et fixer le lieu pour la livraison. Et comme moyens de paiement, à la livraison de la commande, il y a comme chez Jumia, le cash ou le paiement par Mobile Money. Comme on peut le constater, dans ce modèle de e-commerce des jeunes ivoiriens, les moyens électroniques de paiement (cartes bancaires, et autres) n’ont pas de place.

Cette recette qui est toute simple semble bien fonctionner et pourrait d’ici quelques années bien nourrir son Homme. En effet, trois jeunes propriétaire de Pages Facebook Marchandes avec qui j’ai eu à acheter des articles m’ont signifié qu’ils arrivaient « à se défendre, même si tout n’est pas encore rose ». Ce sont :

  • Leaders’ Wear qui propose à la vente des accessoires vestimentaires et vêtements.
  • Tenue Traditionnelle Ivoirienne, qui s’est spécialisé dans la mise en valeur des tenues traditionnelles de Côte d’Ivoire et propose à la vente des écharpes et nappes faites de ces tenues.
  • J.C & BRIFRIEDqui propose à la vente des chaussures et vêtements hommes.

Mais bien avant qu’on en arrive à ces Pages Facebook Marchandes, il y a eu des précurseurs. Des groupes publics comme le Black Market, le Djassa virtuel et bien d’autres avaient déjà redéfinit le modèle de site de petites annonces. En effet, en lieu et place de site web, des jeunes ivoiriens ont crée des Groupes Facebook publics qui donnent la possibilité à chaque internaute de pouvoir faire des annonces. Ces petites annonces peuvent être des articles divers mis en vente ou des propositions de services. Pour passer votre commande, vous contactez directement l’annonceur. Le paiement qui se fait seulement en cash au tout début, peut maintenant se faire aussi par Mobile Money, à la livraison de ladite commande.

Ces exemples d’initiatives comme beaucoup d’autres montrent qu’il est aujourd’hui possible pour les jeunes ivoiriens de détourner les réseaux sociaux numériques à leurs avantages, sans forcement passer par des pratiques illicites comme le broutage.

En effet, d’un usage ludique au tout début, les réseaux sociaux et précisément Facebook sont en train de devenir des outils au service de l’entrepreneuriat jeune en Côte d’Ivoire. Et si nous savons que Facebook est le réseau social le plus pratiqué par les jeunes en Afrique, ces divers exemples de détournement que nous venons de voir ci-dessus ouvrent pour ces derniers d’immenses possibilités d’auto-emploi. Il est aujourd’hui plus que jamais temps de faire connaître ces potentialités et ces possibilités offertes par Facebook à ces jeunes.