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Benoît Thieulin: il y'a une convergence entre les TIC et la culture africaine

Benoît Thieulin, Président du Conseil National du Numérique en France (CNNum), après son séjours en Afrique, donne dans cet entretien sa vision sur l’implantation du numérique sur ce continent.

Quels enseignements tirez-vous de votre récent séjour en Afrique de l’Ouest ?
Je me suis rendu au Sénégal pour voir comment les entreprises françaises pouvaient travailler avec leurs homologues africains. J’ai découvert une forte culture entrepreneuriale locale en visitant notamment le CTIC, un modèle pilote d’incubateur établi à Dakar qui regroupe une trentaine de start-up spécialisées dans les TIC. Avides de nouveautés, les jeunes, qui constituent la majorité de la population africaine, n’hésitent pas à prendre des risques. Toute nouvelle technologie est pressentie comme une opportunité debusiness. Il y a donc beaucoup à faire dans le numérique pour les entreprises étrangères.

Où en sont-ils dans ce domaine ?

Par son manque d’infrastructures physiques de réseau, le continent fait paradoxalement un saut quantique dans la révolution numérique. Dans les télécommunications, la population est passée directement à la téléphonie mobile qui demande un équipement léger, et, peu à peu, à l’Internet mobile avec le déploiement de la 3G. Mieux, les Africains ont pris de l’avance sur le paiement par mobile, pratique très répandue liée au faible taux de bancarisation du continent. De plus, leur culture du bricolage qui permet d’adapter de vieux appareils aux applications modernes, contribue à cet essor du numérique.

Voyez-vous une convergence entre les TI C et la culture africaine ?

Par son caractère participatif, Internet correspond parfaitement à la culture de ce continent. Cette notion communautaire, qui revient en force avec l’explosion des réseaux sociaux, conduit à une vraie résonance entre eux et l’économie numérique. On a l’impression qu’Internet a été inventé pour les Africains.

Source Alliancy le Mag