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Causes des échecs aux examens en Côte d'Ivoire, de la prise en compte du cadre de vie des apprenants

Tout a été presque dit sur les causes réelles ou supposées des résultats catastrophiques des examens à grand tirage en Côte d’Ivoire. Ainsi, on a beaucoup parlé des infrastructures, des modèles pédagogiques, des matériels didactiques, de la motivation des enseignants et aussi de la tricherie. Mais on a peu ou pas du tout parlé du cadre de vie des apprenants. Ce cadre vie fait référence aux conditions de vie de l’apprenant dans la ville ou il est scolarisé.

Jusqu’à un passé récent, une grande majorité des apprenants des Lycées et Collèges de Côte d’Ivoire pouvait rester soit chez un parent, soit chez un tuteur, soit à l’Internant. Et pour une minorité qui n’avait pas cette chance, les parents louaient des chambres. Ces cadres de vie permettait plus ou moins aux apprenants de se consacrer à leurs études dans des conditions acceptables.

Aujourd’hui la réalité est tout autre. En effet, avec la fermeture des internats et le manque de tuteurs, les apprenants semblent livrés à eux même. Ainsi, la majorité des apprenants aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays loue des chambres. Cette situation a amplifié la construction de résidence surtout pour les jeunes filles, qui de l’avis d’expert du Ministère de l’éducation nationale ressemblent à des ‘maisons closes’ pour des personnes nanties. Dans un tel cadre de vie, l’apprenant est le plus souvent préoccupé par des considérations existentielles que ses études.

Dans ces conditions actuelles de dégradation du cadre de vie des apprenants Ivoiriens, comment pourrait on s’attendre à de bons résultats aux examens de fin d’année? Les résultats du Lycée Sainte Marie de Cocody et de l’EMPT de Bingerville mettent en relief l’importance du cadre de vie de l’apprenant dans la réussite scolaire. Ces résultats devraient pourvoir guider le Ministère dans les actions à mettre en oeuvre pour l’amélioration des résultats aux examens de fin d’année.

  • aristide TANOH

    la question que je me pose maintenant c’est de savoir comment évaluer et hiérarchiser réellement les causes énoncées (le cadre de vie, la pédagogie, les infrastructures, les enseignats…) des mauvais résultats chroniques aux examens à grand tirage en CI. Je suppose que c’est le travail des inspecteurs de l’éducation Nationale non?

    • Antoine MIAN

      Une étude diagnostique diligentée par le Ministère pourrait permettre d’hiérarchiser ces causes souvent énoncées. Les recommandations d’une telle étude menée par des équipes de chercheurs en éducation pourront servir le Ministère pour mettre en oeuvre des actions de terrains avec l’appui des inspecteurs de l’éducation nationale.

  • Yacouba

    je pencherais plutôt pour l´environnement d´études, et c´est bien que tu cites l´EMPT et Lycée Ste Marie. Ces établissements ont leurs salles de classes bien éloignées de toute nuisance sonore. À l´opposé d´un lycée comme celui de Nangui Abrogoua en plein marché. Il faudrait que tous les élèves aient la même chance de recevoir les enseignements au même titre que ceux de l´EMPT ou de Ste Marie. Cela passe par l´insonorisation des salles de classes des nuisances sonores pour avoir un environnement d´enseignement moins bruyant.
    Les enseignants également en font les frais: la perte de voix.
    Le cadre de vie des élèves ne me semble pas trop pertinent dans le résultat des élèves. Car des élèves dont les parents ont des revenus modestes ont pu faire de brillantes études en révisant sous les lampadaires ou avec des lampes-tempête. les internats à une certaine époque permettaient aux élèves boursiers d´état qui le voulaient d´y loger et se consacrer entièrement à leurs études.

    • Antoine MINA

      C’est vrai que l’environnement joue un grand rôle. La question est de savoir si c’est le rôle clef. Je sais par exemple que la mise en place de cantine scolaire a favorisé la scolarisation et la rétention des enfants à l’école dans certaines zones difficiles du pays. Pour en avoir le coeur net sur la question des question, je pense à mon humble avis qu’une étude diagnostique du système éducatif s’impose.

      • Yacouba

        Des études sur les nuisances sonores ont montré ailleurs leurs effets néfastes sur le niveau de concentration des élèves, des enseignants etc..tu cites le cas de cantines dans des zones difficile du pays, certes, mais ces zones-là ont un niveau de sonorisation des écoles moins bruyant que nos zones urbaines. internat et cantines certes, mais le problème de fond est ailleurs. car les classes sont lieu d´apprentissage. si l´apprenant n´entend pas, ne comprend pas ce que dit le formateur qui termine avec des problèmes de voix, je me demande ce qu´il pourra bien réviser après avoir bien mangé en cantine.

        • Antoine MIAN

          Il faut mettre en place une agence qui permettra au ministère de l’éducation nationale d’évaluer de façon périodique la qualité de l’environnement de vie et de travail dans nos écoles. Cela devient une nécessité pour la qualité de l’éducation

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  • Euloge Behi

    ecoutez les amis, il apparait clairement que c’est l’instabilite socio-politique de ces dernieres annees qui ont fait baisser le niveau de l’enseignement, le niveau des eleves.

    pourquoi faire comme si on ne le voyait pas. avant les crises, les eleves etaient tres forts…. regardez maintenant les resultats du bepc par exemple, c est catastrophique, mais en meme temps ce n’est pas la faute des eleves. ils ne sont pas dans les bonnes conditions de stabilite socio-politique.

    • Antoine MIAN

      Je suis de ton avis et je pense que ce point de vue est aussi à prendre en compte dans la dégradation du cadre de vie des apprenants.

  • http://twitter.com/MIANSEH Antoine MIAN, Ph.D.

    Ce article a été repris dans la parution de Fraternité Matin du Mercredi 26 Septembre 2012

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