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COLLEGE MODERNE DE KOUASSI N’DAWA : DÉSERT SCOLAIRE UN MOIS APRÈS LA RENTRÉE SCOLAIRE

Collège Moderne de Kouassi N'Dawa

Statuquo, c’est le mot qui convient à la situation dans la plupart des nouveaux collèges de proximité ouverts l’année dernière. C’est le cas du Collège Moderne de Kouassi N’Dawa où nous nous sommes rendus. Sur place, c’est un désert scolaire que nous avons constaté sur son site encore en chantier.

Kouassi N’Dawa est une localité située à une quinzaine de kilomètres environ de Bondoukou, dans la région du Gontougo, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire. Elle est l’une des bénéficiaires du projet de construction des Collèges de proximité lancé par le gouvernement ivoirien, dans l’optique de rapprocher l’école des apprenants.

Quelques bureaux

Quelques bureaux

Son collège, le Collège Moderne de Kouassi N’Dawa, a accueilli ses premiers élèves au titre de l’année scolaire 2015-2016. Ceux-ci, en classe de 5ième pour l’année 2016-2017, et leurs cadets nouvellement affectés en 6ième, trainent encore à la maison (ou dans les champs et campements) car la rentrée scolaire n’y est pas encore effective, à l’instar de la plupart de leurs camarades de ces nouveaux collèges de proximité.

La Chefferie, que nous avons rencontrée, nous a fait part de son inquiétude et son impuissance à la fois face à cette situation. « Les enfants sont à la maison. Le secrétaire chargé du projet est arrivé hier et nous a dit que d’ici fin novembre au plus tard, les personnels seront là » nous a confié le porte-parole. Cette information ne répond pas cependant aux inquiétudes de la chefferie et des habitants en général, car « il n’y a même pas encore de table-bancs dans les salles de classes ». Toutefois, comme le chargé du projet les a rassurés sur l’équipement très prochain des salles de cours et des bureaux, l’on se veut optimiste en espérant que la rentrée sera effective d’ici fin novembre.

Salle de cours

Salle de cours

Ayant pris congés de la chefferie, nous nous sommes rendu (avec sa permission) dans ledit Collège. Nous avons vu un bloc de quatre bâtiments reliés entre eux, construit sur un espace à la forme d’un carrée de 250 m de côté environ, qui abritent les salles de cours (deux bâtiment de 3 classes), l’administration (un bâtiment) et une salle vraisemblablement réservée aux activités socio-culturelles et socio-éducatives (un petit bâtiment), avec deux autres petits bâtiments pour les latrines.

Mais, nous n’avons trouvé personne dans ces bâtiments sinon les manœuvres qui s’y activent à la réparation des portes qui, selon leur chef, avaient été « mal posées ». Et pour lui, les travaux pourront être terminés dans une semaine, en espérant l’arrivée des meubles d’ici là. Il n’y a en effet aucun meuble dans aucune salle. Seuls les morceaux de planches, les pots de peintures et autres cartons vides constituent les équipements des salles de classes et bureaux. Nous avons compris du coup le désert scolaire que constitue cet établissement, plus d’un mois après le début de l’année scolaire : pas d’élèves puisque pas d’enseignants et d’éducateur ; même le Chef d’établissement y est absent.

Avec cette situation, nous imaginons où sont les censés être élèves, car nous n’en avons rencontré aucun ni aux abords du collège, ni même dans les rues du village. Ces élèves sont surement dans les champs, dans les marchés de Bondoukou, occupés à tout sauf aux études contrairement à leurs camarades qui sont à 2 ou 3 évaluations déjà.

C’est le lieu d’interpeller les autorités, notamment le Ministère de l’Éducation Nationale, mais aussi le Ministère de la Fonction Publique, afin d’accélérer le processus d’affectation des nouveaux enseignants et éducateurs dont la seule occupation actuelle est l’oisiveté.

Vivement, que fin soit mise à ces déserts scolaires qui pourraient avoir des répercutions contraires aux attentes du Ministère en terme de performances scolaire, surtout de quantum horaire.

Doh Koué