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Côte d’Ivoire : le scandale du Praziquantel dans les écoles est la résultante de légèretés

Dans un précédent billet, je faisais cas d’un scandale du traitement au Prazquantel dans les établissements scolaires de Côte d’Ivoire. Pour en savoir plus, je me suis rapproché de deux Directeurs d’école primaire publique. Ce scandale est en réalité la résultante d’une série de légèretés de deux ministères de la Côte d’Ivoire.

En effet, la campagne de traitement de la bilharziose est une initiative du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Technique (MENET) et celui de la santé et de la lutte contre le SIDA. Et pour la mise en œuvre de cette initiative, les Inspections de l’Enseignement Primaire (IEP) ont par note de service « demandé à chaque école primaire de faire parvenir pour la  formation le Directeur ou de son représentant » a soutenu le Directeur d’une école primaire de Bingerville.  Selon ce Directeur, à Bingerville, la formation a eu lieu le vendredi 8 mai 2015 à l’orphelinat et à été animée par deux médecins du Programme Nationale de Lutte sur la Bilharziose, une structure sous tutelle du ministère de la santé. Elle durée une seule journée et a porté sur la lutte contre la bilharziose urinaire de façon générale et particulièrement sur le traitement avec le Praziquantel. Les médecins ont surtout travaillé sur la posologie, les effets secondaires et les contres indications de ce traitement avec le Praziquantel. Le traitement concerne les enfants de plus de 6 ans et le nombre de comprimés est fonction de sa taille.  Pour prendre le comprimé,  l’enfant doit être en bonne santé et il doit avoir mangé. Par ailleurs, les comprimés doivent être avalés sans être croqués. Comme effets secondaires, il y a entre autres des maux de ventre allant au vomissement et des éruptions cutanées. A la fin de formation, chacun des représentants des écoles à reçu un ruban pour mesurer les enfants, une boîte de comprimés et une somme de 5000 f CFA pour le transport. Une fois dans les établissements, ce sont les instituteurs qui ont été formés qui sont chargés de la distribution du Praziquantel aux enfants de son école.

Les informations recueillies auprès des deux Directeurs d’école mettent en exergue un certain nombre de légèretés parmi ces lesquelles :

Le manque de communication autour de cette campagne comme on doit le faire normalement autour d’une campagne de vaccination. Comment peut on comprendre que deux Ministères organisent une campagne de traitement de la bilharziose sur la population des élèves de Côte d’Ivoire et celle ci ne soit pas médiatisée ? Le manque de moyens financiers ne peut être une réponse convaincante à cette question surtout que les séminaristes ont reçu des perdiems après la formation.

La mauvaise mise en œuvre de la campagne au niveau des établissements scolaires. Un instituteur formé en une seule journée est il capable d’administré, à lui tout seul des comprimés aux élèves d’une école de 6 classes pouvant abriter entre 100 et 200 élèves? Surtout qu’en plus de dispenser ses enseignements, il devra, dans un laps de temps très court, d’abord mesurer l’enfant, ensuite savoir si ce dernier n’est pas malade et s’il a mangé avant de lui donner le nombre de comprimés requis. Le Directeur d’école de Bingerville affirme par exemple que « dans mon école, la distribution a été faite en un seul jour »

Heureusement que des cas de morts n’ont pas été enregistrés mais cette campagne risque de poser un précédent. En effet, mais tous les deux Directeurs que nous avons rencontré ont affirmé qu’il ont eu des moments de frayeur face aux cas de maux de ventre et de vomissements de certains élèves dans leurs établissements. Et avec la frayeur vécue ces responsables d’établissements risquent à l’avenir de s’opposer à des campagnes de traitement dans leurs établissements. Et c’est peut être le cas de l’un des Directeurs d’école que j’ai rencontré qui a dit qu’il n’est plus prêt à laisser son établissement participer à une campagne de ce type.