Don't Miss

Côte d'Ivoire : les TIC pour juguler les problèmes d'effectif pléthorique dans les Universités publiques ?

UFHB

Dans un article paru à la page 11 du journal papier Fraternité Matin du 8 Octobre 2014, le Ministre de l’Enseignement Supérieur pose les problèmes de l’enseignement supérieur ivoirien : une population estudiantine qui augmente de 50 % chaque année, des infrastructures qui ne suivent pas cette augmentation et un déficit de 5000 enseignants.

 

Comme solution à ce problème, le Ministère propose la formation à distance. Parce que selon lui cette façon de faire, qui n’est pas aussi étrangère à la Côte d’Ivoire, est au jour d’aujourd’hui la seule solution viable et honnête. En effet, pour lui cette méthode, quatre fois moins chère que la construction de bâtiments, permettra de donner la possibilité aux étudiants de suivre des enseignements dispensés par les meilleurs professeurs du monde.

 

Pour se convaincre de sa solution, le Ministre prend pour exemple le Campus Numérique Francophone d’Abidjan (CNF) et l’Université d’Alabama aux USA, deux structures d’enseignement supérieur qui offrent des formations à distance. Ainsi, le Ministère voudrait s’inspirer du modèle Américain pour la mise en œuvre de la formation à distance en Côte d’Ivoire.

 

Heureusement que le Ministre s’est vite rendu compte que le système de gouvernance des Universités américaines est assez différent de celui des Universités en Côte d’Ivoire « les Universités américaines fonctionnent comme des entreprises privées même si elles sont subventionnées par l’État. Les présidents d’Université sont choisis par appel à candidature et il y a un conseil d’administration ». Brièvement, le Ministre met ainsi en évidence les outils de gouvernance des universités Nord Américaines comme le plan stratégique, les indicateurs de performances, les tableau de bords et la grande autonomie académique et financière.Comme l’Université d’Alabama, le CNF a une gouvernance qui lui donne la possibilité de mettre en place des formations à distance. On voit ici que la réussite de la mise en œuvre de la formation à distance est simplement un effet qui a pour cause la gouvernance de ces institutions d’enseignement supérieur.

 

Mais, le Ministre dans sa recherche de la solution semble avoir oublié de faire une relation entre le mode de gouvernance des deux institutions universitaires et la réussite de la formation distance mise en place. Il se dégage la nette impression que le Ministre tout en laissant le contexte, met avant la réussite de la formation à distance. Comme si la réussite d’une formation à distance était possible sans avoir mis en amont des conditions (gouvernance, infrastructures,, personnes ressources, etc.). Les TIC à elles seules ne sont donc pas la solution qui pourraient résoudre les problèmes d’effectif pléthorique de nos Universités Publiques. C’est plutôt le changement des modes de gouvernance de nos Universités. En effet, avec un mode de gouvernance proche de celle de l’Université d’Alabama et du CNF, il est possible que nos Universités puissent mobiliser des fonds auprès des entreprises privées et de fondations mondiales afin de mettre en place des programmes de formation à distance et de recherche qui tiennent compte des besoins attestés des entreprises.