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Des propositions pour l'adoption des logiciels libres dans le système éducatif ivoirien

AiiticeLa troisième édition de la Matinée des TIC en Education initiée par l’Association Ivoirienne pour l’Intégration des TIC en Education (AIITICE) s’est tenue  le lundi 13 Mai 2013 à la bibliothèque numérique de l’ENS d’Abidjan. Les participants à cette matinée ont réfléchi sur le thème La politique des logiciels libres dans l’éducation en Côte d’Ivoire.

Étaient présent à ces matinée des

– Représentants du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRES)

– Représentants du Ministères de l’Education Nationale et de l’enseignement Technique (MENET)

– Représentants du Ministère des Postes et Technologies de l’Information et de la communication (MP&TIC)

– Représentant de la Direction Générale de l’École Normale Supérieure (ENS) d’Abidjan

– Représentants du Bureau National d’Études Techniques et de Développement (BNETD)

– Représentants de la Direction, des Enseignants-Chercheurs, et du personnel administratif et technique  de l’ENS d’Abidjan

– Représentants du Campus Numériques Francophones (CNF) d’Abidjan

– Représentant du Réseau Ivoirien de Télécommunication pour l’Enseignement et la Recherche (RITER).

– Représentant de l’Association Ivoirienne pour Linux et les Logiciels libres (AI3L)

– Enseignants-Chercheurs de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody

– Membres de la communauté des développeurs de Côte d’Ivoire.

– Opérateurs dans les services TIC et Education,

– Spécialistes d’intégration des TIC dans la formation

Trois temps forts ont marqué cette manifestation

D’abord, l’invité, Ingénieur Système et Réseau, Responsable Technique du Campus Numérique Francophone (CNF) a instruit l’auditoire sur la politique des logiciels libres de son institution.

Après un bref rappel sur les notions de logiciels, de logiciel libre et de système d’exploitation, l’invité a présenté son institution. L’on peut retenir que le CNF est une structure de l’Agence Universitaire de Francophonie (AUF), l’un des cinq opérateurs de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). L’AUF est une association mondiale des universités francophones qui a pour objet de faire le lien entre les universités de langue française. Elle œuvre depuis 50 ans dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle regroupe 728 établissements universitaires sur les 5 continents dans 88 pays, dont 53 membres de l’OIF.

Pour réussir sa mission, l’AUF a choisi de s’impliquer dans la promotion et l’utilisation des logiciels libres. C’est par application de cette politique que le CNF Abidjan n’utilise que le système d’exploitation Linux et des logiciels libres. Pour l’invité, les avantages de cette politique sont aussi bien techniques qu’économique. En effet, la stabilité, la sécurité et la communauté des utilisateurs de Linux est un avantage par rapport à certains logiciels propriétaires. De plus, son caractère libre et gratuit est un avantage sur le plan économique puis que le coût de la licence est nul.

Dans le cadre de la sensibilisation du monde Universitaire aux logiciels libres, l’invité dira que le CNF a formé environ 420 Enseignants-Chercheurs dans le cadre de la réforme LMD. Et au titre de l’année 2012, ce sont 50 autres auditeurs (étudiants et formateurs) issus du monde Universitaire qui ont été formé.

Ensuite, des débats qui ont tourné autour de trois points majeurs.

1- Le premier portait sur la pertinence de l’adoption des logiciels libres dans le système éducatif ivoirien. Sur ce point, les participants ont été unanimes de reconnaitre que l’éducation particulièrement en Côte d’Ivoire devrait opter pour les logiciels libres. D’abord techniquement elle est stable et sécurisante avec une forte communauté. Ensuite financièrement elle permet des gains à l’échelle. Enfin, l’adoption des logiciels libres par le système éducatif résoudrait un problème éthique. En effet, selon  les participants, le système éducatif ne devrait pas encourager les apprenants au piratage informatique en leur enseignant des logiciels propriétaires qu’ils ne seront pas capables d’acquérir la licence de façon individuelle.

2- Quels sont les obstacles pour l’adoption des logiciels libres? Le premier obstacle relevé est le manque de volonté politique. Cet état de fait se traduit par le manque de schéma directeur informatique dans la plus part des Ministères. Par ailleurs, les participants ont noté que certains Ministères en optant pour des programme basé sur les logiciels propriétaires semblent en totale contradiction avec le fait que le Programme de la Gouvernance électronique (e-Gouv) ait porté son choix sur les logiciels libres. Le deuxième point relevé est le manque sensibilisation sur les logiciels libres en Côte d’Ivoire de façon générale. Le troisième point porte sur le manque de formation des acteurs et des utilisateurs aux logiciels libres. Les participants ont relevé que la facilité avec laquelle certains logiciels propriétaires sont piratés en Côte d’Ivoire pourrait aussi être l’un des obstacles à l’adoption des logiciels libres.

3-  Pour une adoption des logiciels libres par le système éducatif ivoirien, les participants ont préconisés, une sensibilisation très agressive des acteurs sur les possibilités offertes. Cette sensibilisation devra insister sur le fait que l’utilisation des logiciels propriétaires sans en avoir la licence est punie par la loi. Pour la formation d’une masse critique de personne ressources, les participants ont encouragé les associations œuvrant pour le libre à organiser des sessions de formation à l’intention des acteurs du système éducatif. A cet effet, le CNF Abidjan s’est porté volontaire pour accompagner ces actions de formation

Enfin, la présentation d’une solution Web de gestions des activités de la scolarité par les porteurs du projet Schoolbook vainqueur de la seconde édition de la Startup Weekend Abidjan. Les participants qui ont apprécié cette application ont conseillé aux porteurs du projet de le décaler à l’Office Ivoirienne de la Propriété Intellectuelle. Par ailleurs, ils les ont encouragés à ne pas se limiter au marché de la Côte d’Ivoire mais de viser les autres pays.