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Education et TIC en Afrique: le bon exemple de l'Algérie

Dans un précédent article sur ce blog, nous avons présenté le contre exemple Kenyan pour l’utilisation du numérique en Education. Heureusement que sur le continent, d’autres bons exemples d’intégration des TIC en éducation existent et méritent d’être partagés. Parmi ceux ci, la révolution numérique dans l’éducation en Algérie que nous partageons à travers cet article paru dans El Moudjahid 

Une politique de contenu

La numérisation de l’école, qui demeure un fait incontournable dans une société de savoir où la compétence numérique est devenue une valeur de base, n’est pas seulement un environnement de pratiques sociales, une infrastructure technique, un mode de transmission et d’accès mais c’est aussi et surtout un contenu. Le développement de ce contenu comme ressources d’une grande hétérogénéité de simulation ou de modélisation, en adéquation avec les programmes d’enseignement requiert un investissement en temps, en ressources matérielles et humaines considérables. Ainsi, pour garantir une meilleure exploitation des technologies, le ministère de l’Education nationale a introduit dans le cadre de la réforme du système éducatif, l’enseignement de l’informatique dans le cursus des élèves. Cet enseignement constitue, en Algérie, un objectif stratégique visant la maîtrise de l’outil mais les compétences visées, diffèrent d’un cycle à un autre. Dans le primaire, il s’agit d’apprendre aux élèves à maîtriser les fonctions de base d’un ordinateur en les entraînant à écrire un document numérique, à effectuer une recherche en ligne, à identifier et à trier des informations dans la plupart des situations d’enseignement. Dans le moyen, après sa familiarisation dans l’enseignement primaire, il doit permettre aux élèves de traiter et d’exploiter des données : compétences qui doivent être développées dans le cycle secondaire. Ainsi, c’est la maîtrise de l’utilisation de l’outil informatique à des fins didactiques qui deviendront des compétences transversales dont profiteront les élèves de tous les niveaux. Cependant, il ne s’agit pas uniquement de savoir utiliser cet outil, il faut aussi être capable de l’associer aux ressources existantes. Pour concrétiser le développement des TIC au service de la pédagogie, une stratégie « e-Education » a été mise en place. Elle comporte trois phases à savoir, la formation, l’équipement des infrastructures scolaires et la numérisation des contenus pédagogiques et administratifs. A cet effet, plusieurs mesures ont été prises.
Un programme de formation au profit de 201.000 enseignants

Un programme de formation au profit des enseignants du primaire, du moyen et du secondaire a été mis en place à partir de l’année 2001. Ce programme a concerné 50.000 enseignants du secondaire (de 2001 à 2003) et 18.000 enseignants du moyen et du primaire (de 2003 à 2004). Sur la période allant de 2006 à 2008, le secteur a formé dans le cadre du recyclage et de la poursuite de cette formation, 102.000 maîtres éducateurs du primaire, 63.000 enseignants du moyen et 36.000 professeurs du secondaire.
Le programme d’enseignement a porté sur quatre modules de formation dispensés aux enseignants et qui sont liés à l’initiation à l’usage des TIC, usage des outils TICE, à l’intégration des outils TICE, et à l’Enseignement TICE. A la fin de cette formation, deux certificats de compétence en informatique et Internet leur sont délivrés. L’un après avoir suivi les deux premiers modules (2C2I 1er degré) et l’autre après avoir suivi les troisième et quatrième modules (2C2I 2e degré).
Un autre programme de formation concerne les inspecteurs, les directeurs d’établissements ainsi que les administrateurs 

Par ailleurs, une convention a été signée entre le ministère de l’Education nationale et celui de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication. Elle consiste en l’introduction des technologies dans l’éducation en vue d’améliorer la qualité de l’enseignement, de l’apprentissage et de la gestion pédagogique et administrative et de là, le développement de tout le secteur éducatif. Cette convention comporte plusieurs axes. Il s’agit notamment de la mise en place d’un réseau intranet reliant par fibre optique les services centraux aux différentes directions de l’éducation, aux établissements nationaux sous tutelle et aux instituts de formation des maîtres, de la numérisation des contenus pédagogiques, entre autres, les programmes d’enseignement et de la formation à l’utilisation idoine des outils technologiques à des fins professionnelles de tous les acteurs de l’éducation. La mise en service de la première étape du  lancement de la vidéoconférence et de la téléphonie IP ainsi que d’autres applications liées aux TIC tels que les applications métiers, l’hébergement du portail  de l’éducation et la messagerie Internet du MEN, a eu lieu en novembre dernier.
L’opération touche pour cette première phase 14 sites dont quatre  offices et instituts relevant du ministère de l’éducation nationale et six Directions de l’Education d’Alger-Centre, de Blida, de Boumerdès, de Tizi-Ouzou, de Tipasa, de Bouira et de Tamanrasset. Le reste des DE (44), bénéficieront de cette application avant la fin de l’année en cours.
Cette importante opération raccordant les différents sites du secteur qui emploie environ 650.000 personnes, dont 400.000 enseignants à travers 25.000 établissements scolaires permet au système d’enseignement d’être plus souple et ce, au grand bonheur des élèves.
L’e-école s’associe à une perspective de développement des moyens d’enseignement pratiques qui permettent de produire une génération bien formée. Il s’agit aussi d’aider les élèves dans leur formation. Chose qui va leur permettre de bénéficier dans l’avenir proche du  cartable numérique, afin d’épargner à l’élève le supplice de trimbaler un cartable surchargé.

Un PC pour 15 lycéens

Ce projet dont le montant est de 800 millions de dinars a été dégagé pour cette opération qui permettra « l’interconnexion de tous les établissements et institutions de l’éducation du pays à l’Intranet et à l’Internet. Il s’agit d’un nouveau départ à la modernisation du secteur, notamment en matière de traitement de données liées à la gestion administrative et pédagogique. Cette opération se découpe en trois phases. La première concerne le raccordement du MEN et les organismes sous tutelle, la deuxième touche le rattachement de 2.000 lycées et 5.000 collèges, et la dernière étape comporte la généralisation du système de liaison sur les 15.000 écoles primaires. Pour les responsables du secteur, ce projet englobe deux missions importantes. Il s’agit notamment de la vidéoconférence qui consiste à faire bénéficier les établissements du Sud de cours et de conférences donnés dans le Nord tout en évitant les déplacements. La deuxième mission touche la capacité de stockage de l’information en mettant toutes les conférences numérisées et enregistrées sur le site afin de permettre aux enseignants et élèves de les consulter.  Actuellement, 68 structures de l’éducation sont déjà reliées au site central du ministère, et le taux de connexion à Internet a atteint l’an dernier 84% au niveau des lycées, 77% au niveau des collèges d’enseignement moyen et 23% au niveau des écoles primaires.
Il y a lieu de rappeler que d’importantes ressources ont été mobilisées pour équiper des lycées et des collèges de laboratoires informatiques comprenant 15 micros et un serveur avec accessoires et des écoles primaires de micro-ordinateurs. Ainsi, la situation actuelle se traduit par  01 PC pour 44 lycéens et 01 PC pour 120 collégiens. Mais les ratios visés, à court terme, sont de 01 PC pour 15 lycéens et de 01 pour 30 collégiens. Il faut ajouter à cela la généralisation de l’Internet à tous les établissements, une fois équipés en laboratoire informatique.