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Education et TIC en Afrique: le contre exemple Kényan

La plupart des pays de l’Afrique au Sud du Sahara se sont engagés pour l’intégration des TIC dans leurs systèmes éducatifs respectifs. C’est dans ce sens que le Gouvernement du Kenya a décidé d’offrir aux élèves du primaire un ordinateur portable (article de Slate Afrique).

En effet, pour réduire la fracture numérique dans son pays, le nouveau Président du Kenya veut dès janvier 2014, doter chacun des 400.000 enfants entrant à l’école primaire d’un ordinateur portable à 350 dollars l’unité. Ce projet d’une valeur totale de  665 millions de dollars, soutenu par la firme Microsoft et qui ne vise que 6.000 écoles est décrié à juste titre par le milieu éducatif du Kenya.

S’il semble très ambitieux, ce projet est l’exemple typique de la vision de certain dirigeants d’Afrique quand il s’agit d’intégrer les TIC en Education. En effet, pour la majorité d’entre eux, le seul fait de doter les élèves ou des écoles d’outil informatique résoudra tous les problèmes du système éducatif. Ainsi alors « qu’une demande de 500 millions de dollars pour le recrutement de 15.000 professeurs n’a pas encore été validée par le gouvernement« , le Gouvernement du Kenya se lance dans un projet aussi coûteux. De plus, alors que « les écoles ne disposent même pas de locaux spécifiques et les classes se tiennent sous  les arbres« , le Gouvernement tient coûte que coûte à la mise en oeuvre du projet. Mais, ce que le Gouvernement semble ignorer, c’est que les Tic à elles seules ne résoudront pas le problème du manque d’enseignants et de salles de classes dont souffre le système éducatif Kényan.

Si nos pays à l’image du Kenya veulent réussir l’intégration des TIC en éducation, ils devront commencer par faire face aux problèmes d’ordre organisationnel et structurel de nos systèmes éducatifs (infrastructures, formation, traitement salarial, etc…). Ensuite, l’outil viendra s’intégrer dans un cadre prédéfini pour étendre les potentialités des systèmes éducatifs, grâces à ses fonctionnalités. Mais tant que nos dirigeants penseront que les TIC ont des potentialités et non des fonctionnalités, l’intégration de ces outils dans les systèmes éducatifs sera chose vaine sous nos cieux…