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ENS d'Abidjan: la restructuration ou la mort…

ENS_AbidjanL’Ecole Normale Supérieure (ENS) d’Abidjan est à la croisée des chemins. Autrefois fleuron de la formation initiale et continue des personnels du secondaire général public et des CAFOP de Côte d’Ivoire, l’ENS d’Abidjan semble se plonger dans une zone d’inactivité académique. Et si l’on n’y prend garde, cette situation due en partie aux textes fondateurs de l’institution risque d’avoir des conséquences désastreuses.

Crée par le décret N° 64-40 du 09 janvier 1964, l’ENS d’Abidjan est l’unique institution de l’enseignement supérieur chargée de la formation des personnels (enseignants du secondaire, formateurs des CAFOP et personnels d’encadrement du primaire et du secondaire) du Ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement Technique (MENET).

De ce texte fondateur, l’on remarque que les activités académiques de l’ENS d’Abidjan qui est sous la tutelle du Ministères de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique (MESRS) dépendent exclusivement des besoins en personnels exprimés par le MENET. Il faut mentionner que ces besoins exprimés par le MENET doivent au préalable être validés   par les Ministères de l’Economie et celui de la Fonction Publique en terme de postes budgétaires. De sorte que tout étudiant admis au concours d’entrée en formation initiale ou continue à l’ENS d’Abidjan est directement embauché à la fonction publique pour le compte du MENET à la fin de sa formation. Par ailleurs, toujours du décret, l’ENS d’Abidjan ne peut délivrer que des diplômes professionnels et non des diplômes universitaires.

L’admission à l’ENS d’Abidjan se fait sur concours après l’expression des besoins du MENET. Mais à la différence de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), les étudiants qui rentrent en formation initiale à l’ENS d’Abidjan ne sont pas élèves fonctionnaires et n’ont donc pas de numéro matricule. Ces admis en formation initiale bénéficient tous d’une bourse d’étude et d’une prime en années de stage. Ceux qui y entrent en formation continue  gardent leur statut de fonctionnaire. Ils ne perçoivent donc pas de bourse mais plutôt une prime pendant l’année de stage.

Cette situation qui a bien fonctionné pendant des années,  semble poser problème aujourd’hui pour la survie même de l’ENS d’Abidjan. Non pas parce que le besoin en enseignants du MENET soit comblé, mais par la réalité que vit notre pays. En effet, du fait des restrictions budgétaires et/ou de la maîtrise de la masse salariale, le nombre d’étudiants qui entrent à l’ENS d’Abidjan diminue  d’année en année comme peau de chagrin. Et  pour la rentrée académique 2012-2013, le concours d’entrée à l’ENS n’a pour la première fois pas eu lieu; le MENET n’ayant pas exprimé de besoins de formation.

Si cette situation continue, l’institution sera sans activités académiques d’ici là. Et comme à la faveur de la mise en oeuvre du LMD, certaines UFR de l’Université Félix Houphouet-Boigny offrent des Licences Professionnelles option enseignement, l’ENS d’Abidjan risque de perdre de son importance.

Il semble alors urgent que le Gouvernement à travers le MESRS pense à une restructuration de l’ENS d’Abidjan pour lui éviter une mort certaine…