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ENS d'Abidjan: une proposition pour la restructuration

IMG_ENSDans un précédent billet, nous avons tiré la sonnette d’alarme sur la situation que vit actuellement l’ENS d’Abidjan. Dans ces lignes qui suivent, nous faisons une proposition pour la restructuration de l’institution.

L’ENS d’Abidjan devra changer de statut, passer de grande école publique à une Université pédagogique. Et la mise en oeuvre de la réforme LMD en Côte d’Ivoire donne une très bonne occasion pour ce changement de statut. Ce changement de statut permettra à l’institution de recevoir des élèves bacheliers comme toutes les autres universités publiques et privées de la place. Ces bacheliers seraient orientés pour des parcours de formation Master ou Licences professionnels d’enseignement ou de personnel d’encadrement.  Les plus méritants pourraient se voir ouvrir des parcours de formation en Master ou Licence de Recherche, et aller jusqu’au Doctorat. Et pour ce faire, il faudra mettre en place des écoles Doctorales en relation avec des Universités d’ici ou d’ailleurs.

Pour régler les questions de stage au cours de la formation, le modèle appliqué actuellement entre l’UFR Science Médicale de l’Universités Félix Houphouet-Boigny et les hôpitaux publics pourrait servir de pistes de réflexion.

Bien entendu, les bacheliers orientés à l’ENS d’Abidjan auront le même régime que ceux des Universités et Grandes Ecoles. Ainsi, pour être boursier, ils devront en faire la demande au près des services compétents du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS). Par ailleurs, après l’obtention de leur Master ou Licence Professionnel, ils devront passer un concours d’intégration à la Fonction Publique comme le font actuellement les médecins diplômés de l’UFR Science Médicale.

L’ENS d’Abidjan pourrait toujours continuer à assurer la formation continue  des personnels du Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique (MENET) à travers des accords de partenariats signés avec le dit ministère.

Une telle restructuration aura des avantages certains. D’abord le Gouvernement de la Côte d’Ivoire sortira gagnant avec une 6ème Université et des économies  d’échelle (Bourse, prime de stage).

Ensuite, le système éducatif gagnera en qualité car le vivier de personnels formés pour exercer comme enseignant ou personnel d’encadrement deviendra important aussi bien pour  l’enseignement secondaire public comme privé. Ainsi, lorsque le MENET voudra faire un recrutement exceptionnel de diplômés-comme c’est souvent le cas- il pourra puiser dans cette population d’étudiants déjà diplômés en enseignement. Pour ce qui concerne le secondaire privé, l’Etat pourrait par des mesures incitatives encourager les écoles à embaucher leurs personnels dans cette population de diplômés en enseignement. Ceci résoudrait le problème actuelle du manque de formation initiale des enseignants du secondaire privé et aurait un impact certain sur la qualité du système éducatif.

Enfin, l’ENS d’Abidjan pourra, en tant qu’Université délivrée des diplômes universitaires, chose qu’elle ne fait pas actuellement. Ainsi, en lui donnant une indépendance académique, cette restructuration lui ouvrira de nouveaux horizons de partenariats,mais surtout la sauvera d’une mort certaine…

Nous osons espérer que cette proposition puisse donner lieu à d’autres afin que dans un processus constructif, nous puissions aboutir à une proposition qui pourra sauver l’ENS d’Abidjan.