Don't Miss

Hubert DIBI: mon expérience de la double vacation

Dibi

Muté à l’inspection Primaire et Préscolaire de Jacqueville (IEPP), dans le cadre du mouvement annuel de mutation, Hubert DIBI découvre la scolarisation à double vacation dans ma nouvelle école. Il partage son expérience…

Face la forte demande de scolarisation dans les centres urbains, aux locaux scolaires insuffisants, aux surcharges des classes en effectifs et aux manques d’enseignants, la scolarisation à double vacation s’est imposée pour tenter d’y remédier.

Dans ce genre de système, dite à double vacation, une classe « physique » accueille deux groupes distincts d’élèves au cours d’une journée d’école. Le premier groupe fait cours du matin (7H30 min) à midi (12H30 min), le second de 13H au soir (18H), vice-versa.

Chaque groupe utilise la même classe, les mêmes matériels didactiques. Un seul maître assure l’enseignement ou dans bien des cas comme dans mon exemple, deux maîtres assurent l’enseignement.

Malgré le défaut de formation spécifique, les enseignants font du mieux qu’ils peuvent pour assurer l’effectivité de ce programme dans les classes que j’ai visitées.

Cependant, j’ai pu observer certains problèmes dans la mise en pratique de la scolarisation à double vacation dans mon école.

Des problèmes de progression imputables aux apprenants qui arrivent bien souvent avec une voire deux heures de retard. Ainsi le maître est-il obligé d’aller à l’ essentiel des cours prévus. La progression annuelle s’en trouve donc lésée.

Le manque d’emplois du temps spécifiques qui obligent l’instituteur à tâtonner. Il est bon de rappeler que nous utilisons les emplois du temps des classes traditionnelles à quatre jours de cours dans la semaine qu’il faut adapter aux cinq demi-journées de la double vacation.

Le rythme de travail et les évaluations des apprenants : prenons l’exemple des mathématiques. Dans le système traditionnel, il est prévu trois séances par jour et la dernière séance est en général réservée à l’évaluation dans les cahiers de devoirs. Faire le cours en deux séances puis évaluer devient périlleux. A ce rythme le maître a vraiment du mal à faire des évaluations régulières et suivies dans le cahier à cet effet.

La question de la discipline surtout liée aux horaires comme souligné plus haut, mais qui dépend aussi de certains collègues qui dès 17 h libèrent les élèves qui jouent dans la cour de l’école et empêchent les autres de poursuivre sereinement les cours.

Les mieux servis dans le système à double vacation sont d’abord et avant tout les apprenants même si l’Etat en tire profit parce que la problématique de la construction de nouvelles classes ne se pose plus. Les apprenants, disais-je, bénéficient évidemment d’assez de temps à consacrer aux jeux et donc un meilleur épanouissement. Finalement, n’est-ce pas l’objectif de la pédagogie moderne ? «