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La Pyramide de mon fils ou la force du vouloir

La pyramide encore plus raffinée

C’est l’histoire d’une pyramide construite par mon fils, âgé de 7 ans, une journée de 16 juin 2015 à Yaoundé. Elle montre comment un enfant est capable de mobiliser des ressources lorsqu’il se donne un défi à relever. Mais surtout, elle met en exergue que les éducateurs (parents et enseignants) devraient opérer un changement majeure de paradigme à l’éducation des enfants.

Tout a commencé à son réveil vers 9h lorsqu’il a mis la main sur un ensemble de 17 cartes qui étaient dans son panier de jeux. Les cartes en main, l’envie lui est venue de se bâtir une pyramide. Assis je l’observais dans son entreprise de bâtisseur de pyramide. Les premières tentatives se sont soldées par des échecs. En effet après avoir bâti le premier niveau, il se retrouvait avec toutes les cartes qui se renversaient quand il voulait attaquer la construction du second niveau. Et chaque échec était ponctué de pleures et de coup de sang, les cartes volaient partout dans le salon. Mais chaque fois, je lui demandais de rassembler les cartes et de reprendre son oeuvre de bâtisseur de pyramide.

Face à ses échecs répétés, son premier réflexe a été de se tourner vers son père que je suis. Mais je lui ai fait comprendre que la solution n’était pas dans les pleures ni les coups de sang. Et au lieu de le faire à sa place, je l’ai plutôt motivé en lui disant qu’il devait se remettre à la tâche malgré ses échecs et surtout qu’il était capable de le faire. Jusqu’à la mis-journée, il n’arrivait toujours pas à aller au second niveau de sa pyramide mais chose étonnante les pleures et les coups de sang avaient diminués. Et l’après midi aux environ de 15h, je l’ai entendu crié de joie. Il a couru vers moi en disant « Papa j’ai réussi ma pyramide ». J’ai levé les yeux et vu ceci…

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La première version de la pyramide après plusieurs échecs…

Je lui ai alors fait savoir que j’étais heureux et fier de lui, car seul il avait pu surmonter ses frustrations et ses échecs pour trouver des ressources en lui et bâtir sa pyramide. A mon étonnement, il a détruit sa première pyramide. Et à la question de savoir pourquoi il l’avait détruit il m’a dit «  je vais voir si je peux la reconstruire ». Ce qu’il fit après deux autres tentatives. Mais il ne s’arrêta pas en si bon chemin car son objectif était de construire une vraie pyramide. Comme on peut le constater il a du adapter sa stratégie et aussi le plan afin d’arriver vers 17h à cette seconde version de la pyramide dont il était fier, moi également.

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la seconde version…

 Alors je lui ai demandé pourquoi il a fait cette adaptation. Et il me dit  « j’ai du changer la structure de ma pyramide car j’ai vu comment cela avait été fait dans la série Baskup (diffusé sur la chaîne jeunesse Gulli TV sur Canal + Afrique). Au bas de la pyramide, il faut mettre les cartes les plus lourdes et en haut les plus légères ». Et pour me prouver qu’il a bien maîtrisé la stratégie, il a détruit et rebâti sa pyramide à trois reprises.

En tant qu’enseignant mais surtout père, mon fils vienait de m’apprendre ce que je savais plus ou moins. De nos jours, les enfants apprennent partout, particulièrement en regardant les chaînes de télévisions. Tout ce que nous devons faire en tant qu’éducateurs (parents ou enseignants), c’est de les mettre devant des problèmes concrets (cela peut être des défis qu’ils se lancent) afin qu’ils mobilisent leurs acquis pour les résoudre. Et pour les amener à apprendre de leurs erreurs, notre rôle d’agent motivateur est très important. En effet, il ne sert à rien de vouloir tout faire à leur place. Dans le cas présent de mon fils, le fait que je ne bâtisse pas la pyramide pour lui mais que je le motive lui a donné de la force de vouloir continuer. Ainsi, il n’a pas baisser les bras malgré les échecs et à toujours perséverer dans son envie de bâtisseur de pyramide. Et la suite m’a donné raison car la dernière version de la pyramide, en réponse à un défi de sa grande soeur montre son degré de maîtrise.

La pyramide encore plus raffinée

et la dernière plus raffinée.

  • Abé

    Belle leçon de la vie, s’appliquant dans tous les domaines. Persévérance, humilité, audace et passion.

    • http://www.ticeduforum.ci BI SEHI ANTOINE MIAN

      En effet, cette leçon s’applique tous les domaines…heureusement que les enfants sont là pour nous le faire comprendre dans leurs actes

      • http://Facebook Blanche KOUASSI-DJANGONE

        Vraiment suis sans voix, les enfants de nos jours sont hyper intelligents, il a essayé plusieurs fois et a finalement réussi. La leçon que je retiens c’est qu’il ne faut jamais abandonné malgré vents et marrés. A force de foncer on y arrive toujours. FÉLICITATION IAN-DANIEL tu es le fils du PERE MIAN BI SEHI ENTOINE et de RACHELLE MIAN -DJANGONE.

        • http://www.ticeduforum.ci BI SEHI ANTOINE MIAN

          Ouais…c’est un dure gars même s’il se fâche souvent lorsqu’il échoue. Mais il ne baisse rarement les bras…

  • stéphane

    hi, n’est ce pas le Futur architecte Mister Mian. en tt cas, c’est très beau Ian-Daniel

    • http://www.ticeduforum.ci BI SEHI ANTOINE MIAN

      En tout cas, il s’est appliqué pour aller jusqu’au bout de son idée