TICEDUFORUM
Don't Miss

L’autorité parentale, clef de la réussite scolaire de notre enfant

En tant que parents, nous souhaitons la réussite scolaire de nos enfants que nous inscrivons dans les écoles. Mais ce que nous oublions généralement, c’est que cette réussite scolaire dépend de notre autorité parentale.

Mes lecteurs sur la réussite scolaire font ressortir que d’une manière générale, celle-ci dépend des facteurs environnementaux qui incluent l’environnement familial, l’environnement scolaire et l’environnement social, et des facteurs individuels ou personnels. Dans ce billet, je vais m’intéresser à l’un des facteurs environnementaux : l’environnement familial. Parmi les facteurs de l’environnement familial favorables à la réussite scolaire, l’on peut citer entre autres le soutien émotif des parents lors des périodes de stress, la relation de qualité avec un adulte significatif, la supervision parentale avec des règles structurées et la cohésion familiale. Dans cet environnement familial, le cadre de vie qui inclue les relations parents/enfants, l’alimentation et le sommeil est d’une importance capitale dans la réussite scolaire.

Ayant identifié les facteurs de l’environnement familial qui favorisent la réussite scolaire, je vais brièvement aborder l’importance de l’autorité parentale dans cet environnement. Mais avant, il me faut présenter la notion d’autorité parentale, les obligations, les droits qui y sont liés et sa durée. En Côte d’Ivoire, l’autorité parentale est inscrite au Chapitre II de la loi n°2019-572 du 29 juin 2019 relative à la minorité. En son article 3, l’autorité parentale est définie comme l’ensemble des droits et obligations reconnus aux père et mère sur la personne et les biens de leur enfant mineur et ayant pour finalité l’intérêt de celui-ci. L’article 4 donne les droits et obligations que comporte l’autorité parentale à l’égard du mineur :

  • assurer la garde, la direction, la surveillance, l’entretient, l’instruction et l’éducation de l’enfant;
  • faire prendre à l’égard de celui-ci toute mesure d’assistance éducative ;
  • consentir à son adoption, à son émancipation dans les conditions fixées par la loi ;
  • administrer ses biens et disposer des revenus desdits bien.

L’autorité parentale telle que définie par la loi est toujours exercée dans l’intérêt de l’enfant. La législation française est encore plus explicite sur la question. Ainsi, en termes d’obligations légales, les parents doivent notamment veiller à la sécurité, à la santé et la moralité de l’enfant. Ils doivent assurer son instruction et son éducation, tant sur le plan intellectuel que civique. Ils doivent également le protéger et prendre en charge son entretien matériel, sur tous les plans (hébergement, nourriture, etc.). Et en vertu de cette autorité parentale, les parents ont le droit de déterminer le lieu de résidence de l’enfant, de surveiller ses fréquentations et ses déplacements, de choisir son orientation scolaire et professionnelle, tout en l’associant progressivement aux décisions en fonction de son âge. L’autorité parentale leur donne également le droit de gérer les biens de l’enfant. Il importe de noter que si l’autorité parentale s’exerce jusqu’à la majorité légale de l’enfant ou jusqu’à son émancipation, l’obligation alimentaire imposée par le code civil entre parents et enfants n’a pas de limite dans le temps et n’est pas liée légalement à l’autorité parentale. Cette obligation ne concerne pas seulement la nourriture. En effet, les « aliments », au sens juridique du terme, recouvrent en fait les besoins fondamentaux de la personne humaine : nourriture mais aussi habillement, soins, logement, etc.

Comme on peut le constater, la qualité de l’environnement familial dépend de l’exercice de l’autorité parentale. En effet, en l’absence d’autorité parentale, l’enfant baigne dans un environnement ou chacun essaie de survivre. Lorsque je parle ici d’exercice de l’autorité parentale, c’est dans son entièreté et non en partie. Parce que généralement, beaucoup de parents assurent l’obligation alimentaire et laissent la dimension émotive du développement de leurs enfants, soit aux mains de la grande mère, soit au pire des cas, aux mains des personnels de maison (servantes, chauffeurs, etc.). Avec l’apparition des terminaux mobiles, certains vont jusqu’à laisser leurs enfants avec des applications mobiles pour qu’ils meublent leurs temps. La raison qui est généralement avancée, c’est qu’ils sont occupés à chercher l’argent pour préparer l’avenir de ces enfants. Mais comment est-ce qu’on peut préparer l’avenir d’un enfant dont on ignore le présent ?

Ce que nous devons savoir en tant que parents, c’est que notre enfant comme tout être a des besoins qui doivent être satisfaits. Soit on arrive à les satisfaire dans l’environnement familial sur lequel nous pouvons avoir un contrôle, soit il ira chercher satisfaction dans l’environnement social qui est généralement hors de notre contrôle. Et comme l’on peut le constater aujourd’hui, le phénomène des enfants en conflit avec la loi communément appelé « microbes » est une des conséquences de la défaillance des parents dans l’exercice de leur autorité parentale.

On peut être un parent ne sachant ni lire ni écrire et pouvoir exercer son autorité parentale. Issu d’une famille avec des parents analphabètes, j’ai eu cette chance d’avoir leur regard sur ma scolarité lorsque j’étais au primaire. Par exemple, ils s’assuraient que j’avais le minimum de fournitures scolaires, veillaient à ce qu’à la maison, il y ait du pétrole dans la lampe afin que je puisse étudier la nuit. A cela, je peux ajouter tous ces mots de motivation pour que je puisse être comme certains devanciers qui avaient réussi dans leurs études. En fin d’année, le vieux était toujours présent à l’école pour avoir mes résultats scolaires lorsqu’on faisait le « classement ».

Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’on n’a pas beaucoup de moyens que notre autorité parentale devrait être mise entre veilleuse. C’est juste une question de prise de conscience de cette réalité afin d’avoir une stratégie adéquate qui devrait mettre en point d’honneur les charges fixes de la maison. Parmi ceux-ci, je citerai : le loyer, la nourriture, les abonnements (eau, électricité). Je ne saurai oublier les frais de santé. Mais d’une façon générale, lorsque le régime alimentaire est bien à la maison, la santé s’en suit. Concernant les fournitures scolaires et les frais de scolarité, ceci devrait être planifié depuis le début des vacances scolaires. Parce que comme le dit un adage chez nous « consciente de n’avoir pas assez de larmes, la tortue commence toujours à pleurer avant tout le monde pendant les funérailles ».

Pour conclure sur cette question, je dirai qu’autant nous exigeons beaucoup de l’environnement scolaire pour la réussite scolaire de nos enfants, autant nous devons en exiger de nous-mêmes dans l’exercice de notre autorité parentale pour répondre aux désirs et au droit au développement de notre enfant.