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Le Mooc pour la qualité de l'éducation en Afrique?

Le concept de MOOC

Le MOOC, acronyme de Massive Online Open Course est un cours gratuit de l’enseignement supérieur sur Internet qui est accessible par un grand nombre de participants. Selon Andrew Ng l’un des pionniers, le MOOC répond à une problématique simple « La demande dans le monde est bien trop grande et notre société est incapable de construire assez d’universités pour y répondre ».

S’il est né en 2008, c’est réellement en 2011 que le concept de MOOC a été mis en œuvre; aux USA avec une approche pédagogique essentiellement portée sur le contenu de l’enseignement diffusé et, au Canada dans le cadre d’une approche connectiviste avec le développement d’échanges, de forums, de séances synchrones pour encourager l’interactivité. Le Mooc connectiviste a la particularité de permettre la construction de connaissances grâce à la participation des apprenants, à leur collaboration et leurs échanges. En effet, chacun des participants peut, contribuer et enrichir le contenu des cours (vidéo, audio, ressources utiles, série d’exercices en ligne, etc.) en publiant sur le Web, produire de nouvelles ressources, commenter les productions des autres participants, discuter avec eux, ou encore échanger avec des experts lors de réunions.

Dans cette formation à grande échelle, l’apprenant placé au centre du dispositif est le le seul responsable de sa formation. La volonté et la motivation de l’apprenant semblent ainsi déterminantes pour sa réussite dans le MOOC. En effet, le cours se fait en toute autonomie et c’est à l’apprenant de se prendre en charge, de déterminer ses objectifs et de diriger son apprentissage. Et contrairement à l’approche classique, l’enseignant (l’animateur) dans un MOOC joue un rôle de facilitateur de l’activité de l’apprenant.

Pour la qualité de l’éducation en Afrique…

Le MOOC qui est une dématérialisation de l’enseignement supérieur pourrait offrir la possibilité aux étudiants africains vivant sur le continent de pouvoir étudier dans des plus grandes Universités du Monde.

Ainsi, le MOOC pourrait présenter des avantages:

  • A court et moyen terme

L’accès aux contenus scientifiques de qualité: Nul n’est sans ignorer la carence en ressources documentaires des Universités d’un bon nombre de pays d’Afrique. Ainsi, à travers une inscription à un Mooc l’étudiant africain aura une grande chance de profiter des ressources mis à sa disposition et aussi celles partager par les autres participants.

Les échanges avec des experts: le nombre de plus en plus grandissant des étudiants pose la problématique de l’encadrement des étudiants  dans nos Universités. L’étudiants à part son enseignant n’a plus d’autres personnes ressources pour échanger sur des questions liées à sa formation. Ainsi, participer à un MOOC, donne l’occasion aux étudiants de pouvoir échanger avec des experts, avec des participants et aussi avec des animateurs sur des sujets de leur domaine d’étude.

  • A long terme,

L’élargissement de l’enseignement supérieur: pour les nombreux pays d’Afrique dont les systèmes d’enseignement supérieur souffrent du manque d’enseignants qualifiés, le MOOC apparaît comme un moyen alternatif pour assurer l’accès de la majorité à un enseignement supérieur de qualité. En effet, cette formation à distance permettrait d’éviter les contraintes de gestion des locaux, du manque de matériels didactiques et de l’insuffisance de formateurs compétents.

La formation initiale et continue des enseignants: les systèmes éducatifs de la plus part des pays d’Afrique souffrent d’un manque d’enseignants qualifiés aussi bien au secondaire que dans le primaire. Ainsi, le MOOC pourrait bien servir d’alternatif pour la formation initiale mais surtout pour la formation continue des enseignants.

…certaines conditions à satisfaire

Certaines conditions devront être satisfaites afin que l’Afrique puisse profiter du MOOC. Parmi celles-ci, nous citerons deux, dont l’une est liée à l’accessibilité des TIC et l’autre  à la problématique du taux d’abandon au MOOC:

  • L’accessibilité aux TIC : La réalité des TIC dans la majorité des pays de l’Afrique est caractérisée par de grandes difficultés d’accès aux matériels informatique, d’accès à  internet et de la régularité de la fourniture en électricité. Ce problème d’accessibilité semble à la base des cas d’abandon des participants africains à certains MOOC comme celui de ITyPA, l’un des tous premiers Mooc francophones par exemple.
  • La problématique du taux d’abandon au MOOC : Comme mentionné plus haut, la volonté et la motivation de l’apprenant semblent déterminantes pour sa réussite dans le MOOC. Et l’un des sujets de préoccupation est le taux élevé d’abandon qui sévit sur les Moocs. En effet, sur les 160 000 personnes qui se sont inscrites au cours d’intelligence artificielle de Norvig et Thrun, seulement 14 % ont terminé le cursus. De même, sur les 155 000 étudiants qui se sont inscrits à un cours du MIT sur les circuits électroniques en 2012, seulement 23 000 ont terminé le premier jeu de problèmes et seulement 7 000 (soit 5 %) ont réussi le cours. Le Mooc ITyPA n’échappe pas à ce phénomène. En effet selon un rapport des organisateurs, sur 1300 personnes inscrites au début, seulement une quarantaine de personnes ont laissé une trace de leur passage sur les différents pads. Et sur ces 40 personnes, on peut compter une quinzaine de personnes impliquées à des niveaux divers. Pour des spécialistes, La plus grande crainte envers les Moocs est que les grandes écoles risquent de l’intégrer sans en évaluer soigneusement les inconvénients possibles.

Que ce soit à court, à moyen ou à long terme, on voit bien que le MOOC pourrait avoir un effet indéniable sur la qualité de l’éducation dans la plus part des pays d’Afrique. Ainsi, au moment ou l’éducation dans la majorité des pays africains traverse des crises de qualité, les décideurs devraient faire une analyse pertinente des possibilités offertes par le MOOC. Et pour pleinement profiter du MOOC afin d’améliorer la qualité de l’éducation, les différents pays d’Afrique devraient adresser quelques un des problèmes identifiés ci-dessus.

  • Pingback: Les MOOC et notre formation supérieure aujourd’hui en Afrique | afrozen()

  • Lucas Gruez

    Bonjour

    Merci à vous pour cet article très pertinent qui ouvre des perspectives particulièrement intéressantes. Je suis préfet des études dans l’Académie de Lille et à titre
    professionnel (Innovation pédagogique et enseignement à distance)
    et personnel je me suis intéressé à ce nouveau vecteur éducatif
    depuis cet été. Je me suis d’ailleurs inscrit à trois MOOCs
    anglo-saxon à la fois pour vivre le phénomène de l’intérieur mais
    surtout dans un objectif de montée en compétence. J’utilise
    Scoop.it depuis mars 2011 sur différents sujet, et j’ai débuté
    depuis peu une activité de curation sur les MOOCS, car je trouve que
    Scoop.it est un excellent outil personnel d’apprentissage, de partage et de mutualisation.
    http://www.scoop.it/t/easy-mooc

    Très cordialement
    Lucas Gruez

    • http://twitter.com/MIANSEH Antoine MIAN, Ph.D.

      Bravo, la création est de qualité…merci pour la ressource sûres mooc. Moi j’ai plutôt fait le Mooc Itypa. Je me suis inscrit à un autre Mooc francophone portant sur les réseaux sociaux et l’apprentissage

      • Lucas Gruez

        Merci à vous. Itypa, que j’ai suivi de loin, fut une expérience très intéressante. Il est vrai que l’offre des MOOCs est de plus en plus nombreuse et très intéressante et qu’enfin l’offre francophone commence à s’étoffer. Ensuite, comme souvent tout est une question de temps!
        Très cordialement
        Lucas Gruez

        • http://twitter.com/MIANSEH Antoine MIAN, Ph.D.

          Oui tout es vraiment question de temps. Mais le fait que des Mooc francophones apparaissent est une bonne chose. En effet, pour une fois, nous ne nous sommes pas laissés trop distancer par les anglophones…

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  • Philippe Batreau

    Merci pour cet article
    Sur le même sujet : http://altermediations.blog.lemonde.fr/2013/01/24/yes-we-mooc-les-cours-de-masse-en-ligne-et-ouverts/

    Le MOOC est la déclinaison dans le monde de l’éducation et de la formation de la société collaborative qui se construit sous nos yeux, avec notre participation.

    Il faut accompagner ce changement et apporter notre pierre à cette forme d’enseignement, alternative au mode traditionnel qui ne suffit plus à répondre aux besoins.

    • Antoine MIAN, Ph.D.

      Face aux defis de l’education en Afrique et vu les moyens dont disposent les États, les moocs combinés aux mobiles et aux cloud peuvent etres une alternative viable. Il nous suffit d’en avoir la volonté et de faire des choix judicieux

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