Don't Miss

Le paradoxe des enseignants en Afrique: rares et pourtant mal payés

Il y a une citation qui dit « Tout ce qui est rare est cher« . En Afrique sub Saharienne, dans ce Tout, il nous semble bien qu’il faut mettre Tout sauf le métier d’enseignant.

En effet, la pénurie d’enseignants qui touche le monde entier de façon générale est plus prononcée particulièrement en Afrique sub Saharienne. Cette situation aurait dû, si on s’en tient à la citation, avoir pour effet de relever le salaire des enseignants afin d’attirer le plus de personne dans le métier. Mais que non! Au contraire, elle semble plutôt tirer le salaire des enseignants vers le bas. En Côte d’Ivoire par exemple, vous trouverez dans des écoles, des enseignant bénévoles et des enseignants volontaires au côté des enseignants fonctionnaires de l’Etat.

Souvent recrutés par la communauté et/ou par des ONG, les enseignants bénévoles, avec des salaires dérisoires ( souvent moins de 15000 fcfa/mois, selon un Directeur Régional de l’Education Nationale) tiennent des classes, généralement dans le primaire en milieu rural. A côté des enseignants bénévoles, il y a ceux qu’on appelle volontaires. Pour faire face à la grave pénurie d’enseignants dans le secondaire, le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique (MENET) en a recruté 3000 en 2012. Payés à 100 000 f CFA par mois, ces enseignants volontaires ont tenu des classes au côté des collègues payés souvent trois ou quatre fois plus.

Des discussions que nous avons eu avec des membres du Cabinet et l’Inspection Générale du MENET, il ressort que les bons résultats scolaires de cette année en Côte d’Ivoire (Bac 33.58%, Bepc 40,17% et du Cepe 67,03%) sont  en grande partie  du fait de la présence de ces enseignants volontaires et/ou bénévoles. Il est donc clair que ces deux types d’enseignants sont importants pour la qualité de l’éducation. Mais si tous sont unanimes sur leur importance dans le système éducatif, en revanche, ils le sont moins quant à leur avenir. En effet, lorsqu’on aborde la question de l’avenir des enseignants volontaires surtout, les langues se délient moins.

Avec un traitement salarial aussi bas et un avenir incertain, comment peut on retenir dans leur poste ces enseignants qu’ils soient bénévoles ou  volontaires?

La situation de la Côte d’Ivoire se retrouve à l’identique un peu partout dans la sous régions. Ainsi, la principale cause de la pénurie d’enseignants en Afrique Saharienne semble être liée à l’incapacité des systèmes éducatifs à les retenir dans le poste. En effet, »quality education requires quality teachers while retaining quality teachers is another challenge in the education system« . En Afrique Sub Saharienne, le métier d’enseignant ‘craie en main’, moins juteux (?), est souvent délaissé au profil des postes aussi bien dans les cabinets ministériels que dans les administrations centrales publiques ou privées.

Si nous voulons des systèmes éducatifs solides dans nos pays qui aspirent à l’émergence, il devient impérieux de se pencher sur la motivation des enseignants par une revalorisation du métier. En effet, « if Africa wants to construct a good education system, it must invest in teachers by way of quality training, respecting their professionalism, rewarding and recognizing those who are effective and efficient as well as improving their morale and motivation« .

Lien d’intérêt Pan-African Conference Discussing Teacher Development