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Les contours d’un MOOC/CLOM Africain

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Nul n’est besoin de le dire, l’éducation en Afrique de façon générale et l’enseignement supérieur de façon particulière traverse une crise qui met à mal sa qualité. Même la toute dernière approche de la réforme LMD sensée embellire la situation l’a encore plus dégradée. Aujourd’hui, l’Afrique voit en la formation à distance et surtout au MOOC/CLOM une porte de sortie. Mais comme je l’ai soutenu dans un précédent billet, il est aujourd’hui nécessaire que l’Afrique puisse se trouver un modèle qui réponde aux besoins spécifiques de son système d’enseignement supérieur.

Dans ces lignes qui suivent, je me propose de définir les contours d’un Mooc/Clom africain. Et selon moi, le Mooc/Clom idéal pour l’Afrique devrait être :

  • Une initiative sous régionale ou régionale avec des partenariats: de façon générale, deux grandes tendances se dégagent actuellement dans le milieu des Mooc/clom. Il y a la tendance des Etats Unis où les Mooc émanent d’initiative privées ou sont portés par des Universités et celle de la France où le Clom est porté par l’état à travers le Ministère de l’Enseignement Supérieur. Parce qu’individuellement, les Etats africains n’ont pas assez de ressources financières pour supporter les coûts de la mise en place de Mooc/Clom, le modèle africain devrait être porté par les Etats dans le cadre des organisations régionales ou sous régionales et appuyé par des partenariats (publics-privés et/ou bilatéraux). Une telle organisation aura l’avantage de mobiliser et de faire collaborer plusieurs pays et partenaires sur la problématique de l’enseignement supérieur. Et cette démarche pourra résoudre la problématique de l’institutionalisation du Mooc/Clom et déboucher sur la mise en place d’une plateforme spécifique pour l’Afrique.

  • portée par des Universités et des entreprises : les difficultés recensées dans la plupart des Universités d’Afrique peuvent se resumer aujourd’hui en termes de massification, de manque de ressources financières, techniques et humaines. Ainsi, aucune de ces Universités ne pourra supporter à elle seule les coûts de la mise en place de Mooc/Clom. Mais par contre avec la mutualisation des ressources (humaines, financières et technique), des Universités de plusieurs pays d’Afrique, en collaboration avec d’autres venues d’ailleurs, peuvent porter des Mooc/Clom. L’autre difficulté identifés dans nos Universités est l’inadéquation formation emploi. Et en collaborant avec les entreprises pour la mise en place du Mooc/Clom, les Universités tiendront compte de leurs besoins spécifiques dans un cadre formel de partenariat. Ainsi, les contenus seront élaborés à partir de l’étude des besoins du marché de l’emploi, besoins qui auront été exprimés par les entreprises.

  • qui s’inscrit dans des parcours de formation diplômante des Universités : loin du débat de la certification ou non du Mooc/Clom, dans le contexte africain, il me semble important de tenir compte de la capitalisation des acquis du Mooc/Clom dans le cadre d’un parcours de formation initiale ou continue. Et, il serait judicieux que les Mooc/Clom portés par des Universités et des entreprises puissent s’inscrire dans des parcours de formation de ces Universités. Ainsi, dans le cadre du LMD, un étudiant qui aurait validé un Mooc/Clom pourrait se voir attribué des crédits dans le cadre d’un parcours de formation dans lequel s’inscrit le Mooc/clom. L’avantage de cette pratique est que l’étudiant une fois diplômé au terme de sa formation sera opérationnel sur le marché de l’emploi puisqu’en amont, le contenu du Mooc/Clom aura été validé aussi bien par les Universités que les entreprises. L’autre niveau d’avantage se trouve dans la formation tout au long de la vie. En effet, un travailleur qui suit un tel Mooc/Clom aura après validation, l’avantage de se voir attribué des crédits auprès des Universités qui délivrent ledit Mooc/Clom, s’il lui venait de s’y inscrire pour une formation continue.

 La réflexion est amorcée, aux acteurs des systèmes d’enseignement supérieur africains de l’enrichir afin de sortir de ce débat avec un modèle de Mooc/Clom taillé aux dimensions des problèmes de nos Universités. Car comme on le dit, qui mieux que nous pourra trouver des solutions idoines aux maux de nos Universités…