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Malik Koné: mon regard critique d'Afrique sur Google Glass

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Pour la première fois une entreprise a réussi à miniaturiser dans des lunettes, et à faire fonctionner ensemble un écran, des enceintes, des radios  (wifi, Bluetooth),  une caméra et un micro.  S’y est ajouté une interface par commande vocale (nécessitant internet) et voilà les Google glass.  Une très belle prouesse technique qui mérite notre admiration.

 

Cependant ce qui fera le succès des Google glass ce sont leurs applications.  Or pour le moment ces dernières ne sont pas à la hauteur de nos attentes.  La reconnaissance vocale ne permet pas de faire de nouvelles choses.  C’est à peine si elle facilite ce que nous faisions à la main, c’est à dire enregistrer, lire des multimédias, des documents, téléphoner, naviguer sur internet…

 


On peut se poser la question de la valeur ajouté des Google glass pour nos tâches de tous les jours et en particulier pour l’éducation.  Sans logiciel spécifique, elles ressemblent à des gadgets très distrayants.  Ce n’est pas ce dont nous avons besoin pour apprendre où enseigner. D’ailleurs si l’on en croit le témoignage d’un étudiant sur youtube, les Google glass sont très pratiques pour enregistrer un cours, afin de le visionner plus tard.  Mais elles encouragent aussi l’étudiant à ne pas suivre, à naviguer pendant une lecture pour se remémorer des concepts qu’il aurait du apprendre.

 

Les Google glass ne semblent donc pas favoriser la mémorisation, ni la concentration.  Or un citoyen éclairé, celui que l’école est sensé former,  est celui qui agit de façon raisonné, qui a une acquis une connaissance du monde lui permettant de planifier et de prévoir.   Le Google glass en lui permettant d’accéder à une information à la demande n’importe où, ne l’aide pas dans ce sens.   Aussi,  je doute qu’un élève qui ait enregistré un cours gagne en efficacité en le visionnant plus tard.  Il  aura quelque chose d’imperceptible mais qui manque lors d’une retransmission d’un cours.  Ce quelque chose qui manque explique en partie pourquoi les nouveaux nés n’apprennent pas une nouvelle langue simplement en regardant quelqu’un la parler à la télé. (cf. Stanislas Dehaene professeur de sciences cognitives au collège de France).

 


Aussi, ce que j’attends des Google glass c’est une intégration de plus aboutie des techniques de l’intelligence artificielle (informatique, psychologie & sciences du comportement).  Par exemple, avec celles  permettant de reconnaître un visage en mouvement dans une foule, ou une voix dans une classe.  Si elles ne sont pas encore sorties des laboratoires, ces technologies n’en sont pas loin et elles donneront aux Google glass toute leur utilité.  

 


Pour illustrer que ces technologies ne sont pas loin d’être sur le marché, on peut  mentionner les applications de l’intelligence artificielle dans les stations de métro des grandes métropoles.   Elles permettent déjà de détecter des comportements suspects en analysant les trajectoires des piétons filmés par vidéo surveillance.  Ces logiciels déduisent d’une démarche sinueuse qu’un individu est éméché, et de trajectoires qui se percutent et s’entremêlent violemment, une probable d’agression attirant ainsi l’œil des opérateurs sur tel ou tel tronçon du réseau des transports public.

Pour à l’éducation,  l’intelligence artificielle permet déjà de déceler la satisfaction ou la perplexité sur des visages d’apprenant.  C’était en 2003 dans un laboratoire de français que j’ai vu un système de reconnaissance par vidéo des expressions faciales d’apprenants en vue d’aider un tuteur à identifier ceux rencontrant des difficultés.  Le logiciel utilisait des techniques de reconnaissances faciales alliées à des théories psychologiques pour identifier les expressions de visage perplexe, satisfait, neutre, intéressé etc….

C’est avec de tels logiciels les Google glass deviendront des outils indispensables pour les professeurs.  Elles les aideront alors à  analyser les réactions chacun de leurs élèves et leur permettront de prendre des décisions plus objectives. 

 

Si ces applications ne sont pas déjà intégré au Google glass c’est parce qu’elles manquent de puissance de calcul.  Enfin, en ayant confiance dans la loi informatique de Moore qui se vérifie depuis des dizaines d’années et qui prédit grosso modo un doublement de la puissance de calcul tous les deux ans, nous ne sommes plus très loin de voir l’âge d’or des Google glass.

 

Une contribution de Malik Kone