Don't Miss

Mariam MENIGA : Comme une lionne au Lycée Mamie Adjoua de Yamoussoukro

Maryam

Le Lycée Mamie Adjoua est un établissement public de Yamoussoukro qui accueille les meilleures élèves filles provenant de toute la Côte d’Ivoire. Il a été créé en 1962 et porte le nom de feu « Mamie Adjoua », la sœur ainée du premier président de la république de Côte d’Ivoire. Y être retenue est un honneur, s’y maintenir un challenge et en sortir diplômée une chance : telle est ma vision.

Mon parcours dans ce Lycée débute l’année scoalire 2004-2005 en seconde C, dans la même classe que les meilleures nationales au BEPC qui ont même passé le concours Miss Maths ; mon grand stress est donc justifié. Mais chaque lundi matin, après le salut aux couleurs, quand je me rends à l’auditorium pour l’hymne du lycée « jeune fille, source de vie, élève du Lycée Mamie Adjoua, prend conscience de ton importance…le travail, la discipline, la rigueur sont les clés de la réussite ; alors arme toi de ces vertus pour relever le défi de la vie… », Je comprends que le travail à fournir est immense ; il me faut donc être excellente et pas juste bonne élève.

La rigueur si bien chantée se vit quotidiennement car les élèves doivent toujours avoir les cheveux bien courts, des chaussures fermées et surtout de longues jupes volantes avec une chemise propre et bien « fourrée » ; elles n’ont droit ni au verni, ni au maquillage. Il faut être simple pour mieux suivre.

Pendant les cours, les discours des enseignants sont les même et se succèdent : « il vous faut être parmi les meilleurs », « vous êtes les femmes de demain, apprenez donc à bien vous exprimer en publique » ou encore « il faut plus que ça pour vous décourager ». Pour se faire une notoriété dans ce milieu et être parmi les meilleures, il a fallu travailler encore et encore et faire face comme une lionne à une concurrence exceptionnelle.

Tout comme moi, la plupart des filles ont acquis une grande assurance et une confiance en elles. Les méthodes d’enseignement y sont peut-être pour quelque chose, car il y’a certes les méthodes conventionnelles, mais en plus, l’on note les interrogations orales, les exposés, les recherches au cyber café ou à la bibliothèque et surtout les discours de motivations. Tout est réuni pour l’épanouissement intellectuel à savoir une bibliothèque même si elle disposait de beaucoup moins de livre qu’ailleurs, un gymnase et des terrains de sport (basket, hand-ball,..) ; j’étais même inscrite à l’Alliance Franco-Ivoirienne (AFI) où j’avais la possibilité d’étudier et emprunter des documents ou des romans. Chez nous, passer le baccalauréat a pour objectif principal d’obtenir une bonne mention afin d’intégrer un établissement supérieur d’excellence. C’est donc avec fierté que j’ai intégré l’Institut National Polytechnique Felix Houphouet-Boigny (INP-HB) après avoir obtenu le baccalauréat de série c avec la mention Assez-bien.

Être diplômée du Lycée Mamie Adjoua m’a rendu plus forte, apte à travailler sous pression en me permettant d’entreprendre plus sereinement les études supérieures et d’entrer dans la vie active avec cette forte envie de relever les défis comme une lionne.

Mariam MENIGA est Ingénieur Agronome spécialisé en Zootechnie et Enseignant-Chercheur à l’université Peleforo Gon Coulibaly (UPGC)