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Merci Monsieur Marc, #Merciprof

MrMarc

Du Prof. Thierry Karsenti de l’Université de Montréal, mon Directeur de thèse à Monsieur Gnakoua Zidago Marc, mon instituteur du CP1 à l’EPP Bédiala en passant par Monsieur Anthony Keffer, mon Professeur de maths en classe de 4ème au Collège Protestant de Daloa, Monsieur Gilles Vaudelin, mon Professeur de Maths en Tle E au Lycée Technique d’Abidjan et Prof. Saliou Touré, mon Profeseur d’Algèbre en 2nd année Maths-Physique (MP) de l’Université Félix Houphouët-Boigny, j’ai au cours de ma vie d’écolier, d’élève et d’étudiant, rencontrer des enseignants qui par leur dévouement au métier ont changé ma vie.

 

De tous ces enseignants croisés dans mon parcours scolaire et universitaire, c’est Mr Gnakoua Zidago Marc, « Monsieur Marc » comme on l’appelait, qui a vraiment été le déclic du changement de ma vie. Parce que l’histoire de ma scolarisation est assez singulière et particulière.

 

En 1978, âgé de 6 ans, j’ai failli ne pas aller au CP1. En effet, à cette époque, il n’existait dans ma région que deux écoles primaires de six (6) classes chacune pour un total de neuf(9) villages Gouros y compris des campements Baoulés, Burkinabès, Sénoufos, etc. La demande en scolarisation étant plus forte que l’offre éducative, la priorité était à la scolarisation de ceux qui avait 8 et 7 ans. N’étant qu’âgé de six (6) ans, je devais alors attendre la prochaine rentrée scolaire, en espérant avoir une place pour aller au CP1 à 7ans. Mais ma vie a basculé un matin d’octobre 1978 quand arriva dans le village un Monsieur sur sa moto avec une barbe imposante. Je me rappelle bien ce jour là, car comme tout enfant de cet âge qui n’allait pas à l’école, je m’apprêtais à aller au champ lorsque le griot du village à commencer à crier « tous les enfants de Bédiala en âge d’aller à l’école et leurs parents sont invités dans la cours du chef du village. Le maître de l’EPP Bédiala vient d’arriver». Mes premiers jours de classe du CP1 « Gbosro » se sont déroulés sous le manguier du chef du village de Bédiala assis sur des tabourets, le pagne noué autour du cou en train d’écouter Mr Marc. En guise de classe, on a eu pour finir l’année scolaire 1978-1979 le préau de Mr Duahi Bi DOBO, de sorte que ma promotion est toujours surnommée les « élèves du préau de Dauhi Bi DOBO »

 

Ce qui m’a marqué chez Mr Marc, c’est son amour pour le métier d’enseignant. Je me rappelle encore comment il se donnait corps et âme sous ce préau pour nous apprendre à écrire notre nom et à le lire. Je me rappelle encore ces tournées qu’il organisait la nuit tombée pour s’assurer que tous les élèves étaient à la maison en train de lire et écrire. Je me rappelle encore de ce « symbole », une sorte de collier avec des cornes de bœufs et des os, pour nous emmener à parler le français, langue d’enseignement et d’apprentissage. Je me rappelle encore les préparatifs des fêtes de l’indépendance lorsque nous répétions à longueur de journée des défilés rythmés par des chants en Dida, parce qu’il faut le rappeler Mr Marc était Dida de Zokolilié. Je me rappelle encore ces cérémonies de fête de fin d’année. Elles étaient solennelles et imposantes. En effet, en présence de tout le village réuni, le maître procédait au classement, en citant les noms, du 1er au dernier de la classe. Les trois premiers de la classe avaient la chance d’avoir des fournitures pour la rentrée scolaire suivanteet les derniers de classe, souvent hués et moqués.

 

A travers le « symbole » et la « fête de fin d’année », j’ai appris deux choses. Primo, savoir lire, écrire et compter en français me permettrait d’être autonome dans la vie. Secundo, il ne suffisait pas de savoir lire, écrire et compter en français, il fallait aussi bien travailler à l’école afin de s’assurer une place dans la vie. J’avoue aujourd’hui que ces deux points surtout les cérémonies de fin d’année m’ont permis de redoubler d’efforts en classe pour être toujours parmi les deux premiers de la classe. Le faisant, j’étais assuréde faire honneur à ma famille, mais surtout d’avoir des cahiers, des stylos à billes et des boites de craie pour la prochaine rentrée scolaire. Aujourd’hui quand je jette un regard sur ma vie professionnelle, je me rends compte de l’empreinte de Mr Marc dans ma vie.

 

Si comme moi, vous pensez qu’un de vos enseignants a marqué votre vie, alors dites lui #merciprof en envoyant votre histoire pour participer au jeu-concours de la Fondation MTN Côte d’Ivoire.

  • http://www.priscanad.com Prisca

    Très émouvant ! Cette journée de l’enseignants est pour nous une occasion de remercier tous ces maîtres et maîtresses qui donnent de leur vie, le coeur à la tâche, perdu dans l’intérieur du pays, inconnus de tous, pour inculquer le savoir aux enfants. Vos efforts seront certainement récompensés !

    • Antoine MIAN

      Une reconnainsance de nos efforts des difficultés pour l’exercice du métier c’est toujours des moments forts! Merci à la Fondation MTN d’avoir pensé aux enseignants