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Mise en oeuvre de la réforme LMD en Côte d'Ivoire: ce qu'il faut éviter

A l’instar de celles de l’espace UEMOA, la quasi totalité des Universités publiques de la Côte d’Ivoire ont adopté  à ce jour la réforme LMD. Cette réforme, pour ceux qui ne le savent pas encore, est une réorganisation du Système d’Enseignement Supérieur (SES) dont la mesure la plus connue est l’architecture de diplôme avec trois grades: Licence, Master et Doctorat. Ainsi, avec l’adoption de la réforme LMD, la Licence devient de facto le premier diplôme Universitaire en Côte d’Ivoire (exit les DEUG, DUEL et autres diplômes intermédiaires).

Pour l’adoption de la réforme dans le SES Ivoirien, un décret présidentiel a été pris, et trois arrêtés ont été signés par le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS)  pour sa mise en oeuvre. En plus de ces textes, des séminaires ont été organisés afin de réfléchir sur la mise oeuvre pratique de cette réforme dans les Universités publiques. L’analyse des arrêtés et des rapports des séminaires surtout celui organisé à Grand Bassam du 8 au 13 Août 2012 nous donne les conditions essentielle pour la réussite de la mise en oeuvre de la réforme. Parmi ces conditions, nous en en retenons celles-ci:

Selon les articles 12 de l’arrêté numéro 248 pour la Licence et 11 de l’arrêté numéro 249 pour le Master:

  • un semestre non validé est repris une seule fois en formation initiale. L’apprenant devra le valider en formation continue

Du rapport final du séminaire de Grand Bassam, l’on note:

  • les coûts des crédits pour la formation continue sont fixés comme suit: non travailler (10.000 cfa/crédit), travailleur (20.000 cfa/crédit).
  • le temps de validation du diplôme en formation continue est fixée à deux années

De ces points énumérés ci-dessus, une question nous vient à l’esprit: qu’adviendra-t-il si les conditions essentielles pour la mise en oeuvre de la réforme LMD dans les Universités publiques ne sont pas réunies?

Au regard de ces points, la réponse qui nous semble la plus évidente  est que la Côte d’Ivoire risque d’avoir des générations de bacheliers sans aucun diplôme Universitaire. En effet, si par manque de conditions requises, la majorité des bacheliers n’arrivent pas à valider leurs semestres et obtenir la Licence en formation initiale, il leur sera difficile, voir même impossible (vues les conditions ci-dessus) d’obtenir ce premier diplôme Universitaire en formation continue.

L’état de Côte d’Ivoire ne peut et ne doit pas se permettre une telle aventure. Et pour l’éviter, il devra mettre à la disposition des Universités publiques les moyens matériels et humains adéquats pour la réussite du plus grand nombre de bacheliers en formation initiale. Du moins jusqu’à l’obtention de la Licence, premier diplôme Universitaire dans la réforme LMD.