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Numérique à l'école: état des lieux dans les pays du Nord

De nombreux pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie misent sur l’introduction des ordinateurs et tablettes dans les classes depuis longtemps. Caroline Piquet fait un état des lieux du Numérique dans les écoles de ces pays. L’on retient que la France accuse un certain retard par rapport à ses voisins Européens. Le Royaume uni quand à lui mise sur les tablettes numériques et que l’Europe du Nord semble très en avance sur les autres. Et si la Corée du Sud a pour ambition de supprimer le papier, l’on note un doute chez les grands patrons aux Etats Unis,


La France
est en retard en matière de numérique à l’école. Tel est l’avis d’organisations comme l’OCDE ou le Haut conseil de l’éducation. Selon le rapport de la Mission Fourgous (2010), la France se situerait au 8e rang européen pour l’équipement de ses établissements secondaires en ordinateurs, au 12e rang européen pour l’équipement de ses écoles en ordinateurs, au 12e rang pour la connexion de ses établissements scolaires en haut débit et au 24e rang pour ce qui est de l’accès à l’outil numérique et sa maîtrise dans un contexte pédagogique. Et pour preuve : alors que la France a 75% de ses établissements connectés en haut débit, la Finlande en est à 90%, le Royaume-Uni à 94% et le Danemark à 98%. Mais que font ces pays exactement ?

Le Royaume Uni, pays des tableaux numériques.  Depuis 1997, le Royaume Uni a adopté des programmes pour faire entrer les TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) dans les établissements scolaires, investissant 5 milliards de livres entre 1998 et 2007.  En 2008, le pays comptait 450.000 tableaux numériques interactifs (dans le primaire et secondaire) contre 27.000 seulement en France.

L’Europe du Nord, en avance sur les autres. Le Danemark est sûrement le pays le plus à la pointe en Europe.L’usage du numérique y est obligatoire dans toutes les matières en tant que support et sujet d’études. Son utilisation est même évaluée aux examens et Internet est autorisé au baccalauréat dans de nombreuses épreuves. On compte un ordinateur pour quatre élèves dans le primaire, contre un pour 10 en France. En Norvège,les ordinateurs sont utilisés de manière quotidienne, dans le primaire et le secondaire, et particulièrement en cours de langue (norvégien et anglais). En Finlande,le gouvernement n’a mené aucune politique particulière sur le numérique à l’école. Néanmoins, 90% des enseignants déclarent utiliser les outils numériques en classe.

En Corée du Sud : supprimer le papier.  Les écoles se sont équipées très tôt. Dès 2001, on comptait un ordinateur pour 10 élèves dans le primaire (il faut attendre 2012 pour que la France atteigne ce ratio). Depuis, l’usage du numérique ne cesse de se développer. En juin 2011, le quotidien sud-coréen Chosun Ilbo annonçait le projet du ministère de l’Education qui souhaite, d’ici 2015, équiper 7.760.220 élèves du primaire et du secondaire d’une tablette. L’objectif à terme : supprimer le support papier au profit d’un enseignement connecté en Wi-fi et stocké en ligne (Cloud Computing).

Aux Etats-Unis, les doutes des grands patrons. Au cours de ces dernières années, les écoles américaines ont été nombreuses à s’équiper en ordinateurs, tablettes, vidéoprojecteurs et tableaux blancs interactifs. Très en avance sur l’usage des nouvelles technologies à l’école, ces établissements sont convaincus que l’outil numérique améliore les résultats scolaires des enfants. De leur côté, les fabricants de logiciels pédagogiques n’hésitent pas à vanter les mérites de leurs produits, en promettant des « résultats révolutionnaires ». Le marché du logiciel pédagogique pèserait à lui seul quelque 2,2 milliards de dollars par an (1,65 milliards d’euros), selon le New York Times.

Mais ces investissements sont-ils payants ? En 2010, le ministère de l’Education nationale américain s’est penché sur cette question, et notamment sur l’efficacité de ces fameux logiciels « révolutionnaires ». Conclusions de leur rapport après avoir passé en revue 24 logiciels éducatifs : le niveau des programmes est médiocre et les résultats des élèves ne sont pas meilleurs, expliquait le New York Times dans un article publié en 2011.

Autre phénomène surprenant outre-Atlantique : les patrons et les employés d’eBay, de Google, d’Apple ou encore de Yahoo envoient leurs enfants dans des écoles, qui travaillent à l’ancienne, sans ordinateur.  Leur thèse ? « Les ordinateurs inhibent la pensée créative, les interactions humaines et l’attention des élèves », rapportait encore le quotidien new yorkais dans un autre article fin 2011.

 Source MyTF1News