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Sénégal: les clés du succès de la Maison d'Education Mariam Bâ

MB

Au Sénéga, Le Lycée la Maison d’Education Mariam Bâ rime avec excellence. En effet, ce Lycée de jeunes filles se fait remarquer chaque année par son score de 100 % au examens du BAC. Nous avons voulu savoir ce qui faisait la particularité et la force de ce Lycée d’excellence. Dans cette entrevue, Fatou Bintou Mbaye (*), Présidente des anciennes de cette prestigieuse école nous livre les clés du succès de la Maison d’Education Mariam Bâ.

 

Pouvez-vous nous présenter le Lycée la Maison d’Education Mariam Bâ ?

Le lycée d’excellence de Gorée a été créé sur une idée généreuse du Président Léopold Sédar Senghor sur le modèle de l’École de la Légion d’Honneur en France sous l’appellation de la Maison d’Éducation de l’Ordre National du Lion en 1977. Dans un premier temps, y étaient accueillies directement les filles dont un des parents était titulaire de cette médaille. Après trois années de fonctionnement, un concours d’entrée a été institué en plus de la médaille du parent. A partir de 1984, l’accès à l’établissement a été démocratisé avec son ouverture aux 25 à 30 meilleures élèves admises au concours d’entrée en sixième. L’école à alors été baptisée Maison d’Education Mariama Ba. A compter de la rentrée scolaire 2014, ce seront les 150 meilleures élèves au concours d’entrée en sixième qui seront présentées à l’entrée avec un nouveau test directement organisé par l’encadrement de l’école. La première promotion ayant obtenu le baccalauréat en 1983, il y a à ce jour 31 promotions de femmes et de jeunes filles issues de cet établissement

 

Lycée la Maison d’Education Mariam Bâ vient de faire 100 % d’admis au BAC cette année encore. Selon vous qu’est ce qui fait sa particularité et sa force sur le plan de l’encadrement pédagogique ?

Sur le plan pédagogique, l’établissement bénéficie d’une équipe d’enseignants de qualité avec une solide expérience et un engagement de tous les jours. Les enseignants participent régulièrement à des séminaires de formation sur des questions pédagogiques, font partie d’équipes de production des supports d’enseignement…obtenant ainsi un niveau d’encadrement de qualité le tout mis au service des élèves. Je veux juste encore préciser que c’est une maison d’éducation ; à côté de la formation académique, il y a un véritable travail sur l’éducation. À mon époque (1981/1988), il y avait une notation relative au comportement qui valait autant que les autres pour la détermination de la moyenne. L’école entend former des femmes, citoyennes modèles.

 

Comment est ce que vous les anciennes participez dans le vie et le rayonnement du Lycée ?

Les anciennes sont les partenaires privilégiées de l’école. Elles sont présentes tout au long de l’année et chacune apporte son expertise, son carnet d’adresses, ses moyens financiers pour contribuer au bien être des pensionnaires. A titre d’exemples, un système de bourses financé par les anciennes a été mis en place pour aider celles des élèves qui en ont besoin, elles organisent des foires au sein de l’école pour présenter aux pensionnaires leurs cursus propres, les différents cursus qui s’offrent à elles, organisent les cérémonies de distribution des prix. Les anciennes entendent rester la mémoire de l’école, à ce titre, elle décerne des prix à la fête de fin d’année aux filles qui ont eu un bon comportement tout au long de l’année

 

De façon générale, quel est votre regard sur la scolarisation de la jeune fille au Sénégal et en Afrique ?

Si en Afrique les jeunes filles souffrent encore de discriminations relativement à la scolarisation en général, au Sénégal nous sommes arrivés à une égalité d’accès à l’école. Malheureusement, cette discrimination gommée au moment de l’accès rattrape les jeunes filles en cours de scolarité avec les mariages précoces et leurs conséquences telles que les grossesses précoces…

 

Comment selon vous, les Lycées de jeunes filles pourraient participer à l’amélioration de la scolarisation de la jeune fille au Sénégal et en Afrique de façon générale ?

Nous avons, avec la Maison d’Éducation Mariama Ba de Gorée un modèle qui fonctionne : l’idée serait de dupliquer ce modèle. L’école abrite 215 jeunes filles issues de toutes les catégories sociales, elle fonctionne en internat avec une discipline stricte et un enseignement de qualité, une saine émulation… les résultats sont là

 

Quels sont vos mots de fin à l’endroit des nouvelles bachelières et surtout à l’endroit des filles qui ont l’ambition d’entrer dans ce Lycée d’Excellence ?

Aux nouvelles bachelières, je dirai bon vent, le meilleur est à venir. Elles disposent de fantastiques prés requis qui leur permettront de s’adapter à tous les environnements et d’accéder aux meilleures formations proposées de par le monde.

Aux jeunes filles qui ambitionnent de rejoindre l’aventure, il faut qu’elles sachent que la sélection sera draconienne, que la compétition sera permanente et la discipline de rigueur mais que l’aventure mérite d’être vécue. D’abord sur le plan humain : on y rencontre ses amies pour la vie. Ensuite sur le plan académique : les résultats parlent d’eux mêmes : pour cette année encore 100 % à tous les examens, treize (13) citations au concours général, le trophée de miss Mathematiques, le trophée de miss Sciences, les 1 er, 3ème et 4ème prix aux Olympiades de philosophie, deux (2) admissions à sciences po Paris, deux (2) admissions à l’African Leadership Academy, deux (2) admissions aux collègues du Monde Uni outre de multiples bourses allouées par les établissement de formation du pays.

 

(*)Titulaire d’une maîtrise en droit des affaires et d’un DEA en sciences criminelles. Fatou Bintou Mbaye est actuellement, chef du Département Sinistres et Affaires Juridiques à Askia Assurances, elle prépare un Master d’Assurances.