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Smart City : le numérique et les enjeux de l’urbanisation en Afrique

AB

Le phénomène de l’urbanisation s’accélère sur la planète au fil des années. Aujourd’hui, plus d’un homme sur deux vit en ville, ce qui représente environ 3,5 milliards de citadins dans le monde. Cette dynamique de transformation des espaces entraîne la réorganisation  géographique, économique mais également environnementale des villes.

Le continent africain n’échappe pas à cette évolution et doit faire face à de nombreux défis (construction, transport, technologie etc) pour ne pas être en déphasage avec le reste du monde.

C’est dans cette optique que s’est tenu du 27 au 30 avril à Abidjan le Forum d’Affaires France/Afrique de l’Ouest et Centrale ayant pour thème principal : « La ville du futur en Afrique ». Ce forum a vu la participation d’imminentes personnalités ivoiriennes et françaises ainsi que des entreprises sollicitées par Business France et le MEDEF international.

La ville du futur en Afrique : qu’est-ce que cela implique pour notre continent ? C’est pour répondre à cette interrogation qu’everjobs.ci a souhaité explorer quelques pistes.

Etat des lieux

Bien qu’étant au début de sa transformation urbaine, l’Afrique est le continent où l’urbanisation est la plus rapide, avec un taux de 40%.

Avec une population de 22 671 331 habitants selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2014, la Côte d’Ivoire enregistre quant à elle un taux d’urbanisation légèrement supérieur à celui du continent, avec 50,2%. Cette population citadine, à l’affût d’opportunités, se concentre dans les régions en fonction des débouchés que celles-ci offrent. La ville d’Abidjan, en tant que capitale économique, regroupe tous les secteurs d’activités et compte 4,7 millions d’habitants, soit 20% de la population ivoirienne. La ville de San-Pedro est le second pôle économique de la Côte d’Ivoire du fait qu’elle abrite le 2ème port du pays et d’importantes usines agro-alimentaires. Puis vient Bouaké au centre du pays, qui se positionne comme le grand carrefour commercial grâce à sa ligne de chemins de fer qui relie Abidjan aux grandes villes commerciales sous régionales que sont Niamey et Ouagadougou.

Abidjan, poumon de l’activité économique ivoirienne, concentre 4 principaux centres d’activités repartis entre différentes communes. Le Plateau, centre des affaires, abrite à la fois le siège des institutions financières nationales et internationales telles que la BAD, la BCEAO, de même que le siège de l’administration publique ivoirienne à savoir la Présidence de la république, la direction du trésor public etc. Comme centres industriels, nous pouvons citer les communes de Vridi, Koumassi et de Yopougon avec pour exemple l’usine de fabrication de ciment CIMAF. Cocody porte l’étiquette de poumon commercial, avec les nombreuses boutiques qui y sont ouvertes, entre autres dédiées aux vêtements, marché d’objets artistiques etc. Enfin, le Vitib – la zone franche technologique d’Abidjan – située à Grand-Bassam, joue le rôle de centre numérique chargé de la promotion des TICs.

La construction de nouveaux axes routiers – à savoir l’axe Abidjan-Grand Bassam et l’axe Abidjan-Bingerville – entraîne une expansion de l’urbanisation avec la mise en place de programmes immobiliers. Cela est accompagné du développement des infrastructures de transport pour faciliter la mobilité des populations et le déploiement de nouvelles activités économiques.

Les enjeux de l’urbanisation et le numérique

L’urbanisation va de pair avec le développement car elle joue un rôle essentiel dans le changement des modes de vie des populations. La construction de villes intelligentes, c’est-à-dire adaptées aux besoins actuels, nécessite l’utilisation de la technologie.

Le numérique se positionne alors comme un puissant facteur d’évolution des sociétés grâce aux nombreuses facilités qu’il offre. Dans le domaine du commerce par exemple, les sites de vente en ligne tels que Jumia permettent aux entreprises d’écouler plus facilement leurs marchandises auprès d’un plus grand public. Cela est possible grâce à la portée de l’information mise en ligne. Ainsi, les entreprises développent davantage leur activité. Il en est de même pour les petits commerçants qui bénéficient de plateformes en ligne adaptées à leurs besoins à l’instar de Vendito. De plus, pour permettre l’accès à l’outil informatique, on assiste à l’éclosion des cybercafés dans le paysage urbain. La conséquence immédiate de cette situation est la création d’emploi, mais également de multiples opportunités pour les entrepreneurs.

Par ailleurs, le numérique a permis l’avènement de nouveaux modes de paiement et de transfert d’argent, à savoir les cartes de crédit (Master card) et la Mobile Money d’Orange et de MTN. L’avantage de ces outils est bien évidemment la rapidité dans l’exécution des opérations, mais également la sécurité due à la dématérialisation de l’argent.

Ainsi, les villes africaines, à l’instar d’Abidjan, sont amenées à apprivoiser les technologies – notamment le numérique – pour permettre au plus grand nombre de bénéficier d’opportunités, malgré la pression grandissante de l’urbanisation. Il s’agit d’un défi que de nombreux acteurs du continent ont décidé de relever, appuyés par les services publics et des acteurs internationaux experts dans leurs domaines, comme l’a montré la tenue du Forum d’affaires de fin Avril.