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Unesco: les causes du manque d'enseignants qualifiés

La célébration de la 19ème Journée mondiale des enseignants au siège parisien de l’Unesco a été l’occasion d’explorer les causes du manque d’enseignants qualifiés dans le monde.

Les ensei­gnants doivent être mieux formés

Beaucoup d’enseignants dans le monde n’arrivent pas à vivre de leur seul salaire de pro­fes­seurs, rap­pelle le secré­taire géné­ral de l’Internationale de l’Education, Fred van Leeuwen, et doivent trou­ver d’autres bou­lots pour joindre les deux bouts. Cela nuit évidem­ment à la qua­lité de leur ensei­gne­ment, comme le fait de devoir faire cours dans cer­tains pays à des classes « de 70 ou 80 élèves ».

Un manque de consi­dé­ra­tion et un salaire sou­vent bas expliquent en par­tie la pénu­rie « quan­ti­ta­tive » en ensei­gnants. Par exemple, il manque aujourd’hui plus d’un mil­lion et demi d’enseignants pour atteindre l’éducation pri­maire uni­ver­selle d’ici 2015 (un des Objectifs du Millénaire des Nations Unies), et plus de 3 mil­lions d’ici 2030, en majo­rité en Afrique sub­sa­ha­rienne. Mais « il ne suf­fit pas de recru­ter ces ensei­gnants : il faut les pré­pa­rer, les for­mer, les valo­ri­ser« , observe Irina Bokova.

L’accès à l’éducation n’est donc pas le seul pro­blème à consi­dé­rer : « la moi­tié des enfants qui n’ont pas les connais­sances de base ont pour­tant passé au moins quatre ans à l’école », déplore Pauline Rose, direc­trice du Rapport mon­dial de suivi sur l’Education pour tous de l’Unesco, dont la pro­chaine édition, publiée en jan­vier 2014, sera cen­trée sur les enseignants.

Consulter les ensei­gnants pour amé­lio­rer le système

Pour amé­lio­rer la for­ma­tion des ensei­gnants et l’efficacité du sys­tème éduca­tif, plu­sieurs inter­ve­nants sug­gèrent de consul­ter les ensei­gnants et leurs syn­di­cats. « Dans trop de pays du monde, [les ensei­gnants] ne sont pas consul­tés sur les poli­tiques éduca­tives qu’ils sont pour­tant char­gés d’appliquer », sou­ligne Irina Bokova.

« Qu’est-ce qu’un ensei­gnant bien formé ? » s’interroge Haldis Holst, secré­taire géné­rale adjointe de l’Internationale de l’Education. Elle rap­pelle que de nom­breux pays, dont la France, ont fixé le niveau d’études requis pour deve­nir ensei­gnant à bac+5 : faut-il le généraliser ?

Gretchen Kalonji, sous-directrice géné­rale pour les sciences exactes et natu­relles à l’Unesco, pro­pose que les ensei­gnants soient davan­tage for­més aux sciences et à l’ingénierie. « Même à l’école pri­maire », elle estime que ces deux domaines sont vitaux : la science pour com­prendre « com­ment les choses fonc­tionnent », l’ingénierie pour « mettre en appli­ca­tion ses connais­sances et chan­ger les choses ».

source Vousnousils